Aux sources de l’animation japonaise : 2e partie

1950-1960 : l’âge d’or des studios de la Tôei Animation et l’animation d’auteur

Du mercredi 16 février au samedi 5 mars 2005


Des grands classiques de Taïji Yabushita et Akira Daikuhara produits par la Tôei Animation, premier studio moderne japonais fondé en 1956 et surnommé le « Disney de l’Orient », aux films expérimentaux de Kuri Yôji, la production de ces deux décennies, qu’elle soit de studio ou artisanale, est encore marquée par l’esprit des pères fondateurs de l’animation japonaise. Sa qualité préfigure aussi l’avènement de l’animation contemporaine incarnée par Isao Takahata et Hayao Miyazaki.

L’animation de studio : les chefs-d’œuvre de la TOEI ANIMATION

Faites décou­vrir un autre monde à vos enfants !

Sarutobi Sasuke, le jeune ninja (Shônen Sarutobi Sasuke)
Les mille et une aven­tu­res de l’île cale­basse (Hyokkori hyô­tan jima)
Horus, prince du soleil (Taiyô no ôji Horusu no dai­bô­ken)
Le chat botté (Nagagutsu wo haita neko)
Le vais­seau fan­tôme volant (Sora tobu yûrei­sen)
Les joyeux pira­tes de l’île au tré­sor (Dôbutsu taka­ra­jima)
Les aven­tu­res de Kikansha Yaemon D51 (Kikansha Yaemon D51 no dai­bô­ken)

L’animation d’auteur : les expérimentations de Yôji Kuri

Interdit aux moins de 12 ans

Né en 1928, diplômé des beaux-arts, Yôji Kuri est d’abord illus­tra­teur de jour­naux et de maga­zi­nes. Il publie son pre­mier album humo­ris­ti­que en 1958. Après avoir abordé la pein­ture et la sculp­ture, il fonde en 1960 le groupe des « Trois ani­ma­teurs », un mou­ve­ment polé­mi­que prô­nant, contre l’imi­ta­tion des stan­dards occi­den­taux, une ins­pi­ra­tion issue de la tra­di­tion ico­no­gra­phi­que japo­naise. Influencé par Jérôme Bosch, Borowczyk et Topor, son œuvre expé­ri­men­tale qui syn­thé­tise les for­mes artis­ti­ques les plus diver­ses va mar­quer pro­fon­dé­ment la nou­velle géné­ra­tion d’ani­ma­teurs. Désespoir exis­ten­tiel et cruauté sociale sont au cœur de ses ani­ma­tions.

Une sélec­tion de courts métra­ges pro­duits par Animation Studio Lotus et dif­fu­sés en un seul pro­gramme. Durée : 52mn.
Amour (Ai)
Samouraï (Samurai)
La nuit des para­si­tes (Kiseichû no ichiya)
Au fou ! (Satsujinkyô jidai)
La cham­bre (Heya)
La salle de bain (Basurûmu)

Les grands contes populaires adaptés à l’animation

Films dif­fu­sés en une seule séance. Durée de la séance : 44 mn

La prin­cesse de la lune (Kaguya hime)
La grue reconnais­sante (Tsuru no ongae­shi)

Provenance des copies : Japan Foundation Film Library et Wild Side Films En col­la­bo­ra­tion avec Wild Side Films

Films

Le ser­pent blanc
(Hakujaden)

de Taiji Yabushita / 1958 / 1h19 / 35mm cou­leur / Tôei / VOSTF / Distribution Wild Side Films
Le pre­mier long métrage d’ani­ma­tion japo­nais en cou­leurs pro­duit par les stu­dios TOEI ANIMATION.

Dans la Chine ancienne, un enfant achète sur le mar­ché un petit ser­pent blanc. Ses parents n’en vou­lant pas, il doit se rési­gner, la mort dans l’âme, à le relâ­cher. Quelques années plus tard, le ser­pent aux pou­voirs magi­ques réap­pa­raît sous la forme d’une belle prin­cesse et retrouve celui qui avait été son pro­tec­teur. Mais un bonze chas­seur de démons va contra­rier leurs retrou­vailles…
Le ser­pent blanc est la pre­mière pro­duc­tion « monu­men­tale » de l’his­toire de l’ani­ma­tion japo­naise. Il a rem­porté le Grand prix de la sec­tion « Enfant » au Festival de Venise en 1959. « Pour moi, la vision du Serpent blanc a été une expé­rience très intense. Mon âme était ébranlée. Ce film m’a convaincu qu’il était pos­si­ble d’expri­mer beau­coup de cho­ses par le biais de l’ani­ma­tion. » Hayao Miyazaki

Sarutobi Sasuke, le jeune ninja
(Shônen Sarutobi Sasuke)

de Taiji Yabushita / 1959 / 1h22 / 35mm cou­leur / Tôei / VOSTF

Tourné dans un ciné­ma­scope res­plen­dis­sant, ce film relate les aven­tu­res de Sasuke, un jeune gar­çon qui entre­prend un dur appren­tis­sage pour deve­nir ninja. Ce film a reçu en 1960 le Grand prix de la sec­tion « Enfant » au Festival de Venise.

Les mille et une aven­tu­res de l’île cale­basse
(Hyokkori hyô­tan jima)

de Taiji Yabushita / 1967 / 1h01 / Couleur / Tôei / VOSTF

Le pro­fes­seur Sunday et ses cinq enfants devien­nent for­tui­te­ment des insu­lai­res quand, suite à une éruption vol­ca­ni­que, le cap Hyôtan où ils habi­tent se déta­che du conti­nent. Ils vont être confron­tés à des pira­tes, des chas­seurs de prime volants, et bien d’autres per­son­na­ges extra­or­di­nai­res sor­tis tout droit de l’ima­gi­na­tion de l’écrivain, dra­ma­turge et grand humo­riste Hisashi Inoue. Ce film est adapté d’un feuille­ton télé­visé pour marion­net­tes écrit par Inoue et dif­fusé entre 1964 et 1969, qui enchanta tous les enfants et fut un véri­ta­ble phé­no­mène social au Japon. Un incontour­na­ble de l’ani­ma­tion japo­naise iné­dit en France.

Le chat botté
(Nagagutsu wo haita neko)

de Kimio Yabuki / 1969 / 1h20 / 35mm cou­leur / Tôei / VOSTF / Distribution Wild Side Films

Le chat Péro sauve la vie à une sou­ris. Mal lui en a pris, car il doit fuir le royaume des chats, des tueurs à ses trous­ses. Il trouve refuge chez Pierre, le cadet d’une fra­trie que l’on cher­che à spo­lier de sa part d’héri­tage. Pierre quitte la mai­son avec Péro qui n’a qu’une idée en tête : faire for­tune. Un roi voi­sin offre pré­ci­sé­ment sa fille à l’homme qui prou­vera sa valeur : avec l’aide de Péro, Pierre se fera pas­ser pour le Marquis de Carabas. Mais Lucifer est là, en embus­cade…
Adaptation comi­que et déli­rante du conte de Charles Perrault, ce long métrage est mar­qué par le talent de ses ani­ma­teurs clés, Hayao Miyazaki et Yôichi Kotabe. On est loin de l’ani­ma­tion for­ma­tée et vio­lente débar­quée sur nos petits écrans dans les années 80.

Le vais­seau fan­tôme volant
(Sora tobu yûrei­sen)

de Hiroshi Ikeda / 1969 / 1h / 35mm cou­leur / Tôei / VOSTF

Un vais­seau fan­tôme volant qui atta­que les yachts et les pétro­liers, un robot géant qui se met à détruire la ville… Un jeune gar­çon qui a perdu ses parents dans cette série de catas­tro­phes va décou­vrir un ter­ri­ble secret en vou­lant les ven­ger. Traitant de gra­ves sujets sociaux, ce des­sin animé de science fic­tion fut un grand suc­cès à sa sor­tie et reste une œuvre culte.

Les joyeux pira­tes de l’île au tré­sor
(Dôbutsu taka­ra­jima)

de Hiroshi Ikeda / 1971 / 1h28 / 35mm cou­leur / VOSTF / Distribution Wild Side Films

Après le pas­sage d’un pirate dans son auberge, le jeune Jim récu­père la carte menant au fameux tré­sor du Capitaine Flint. Il part aus­si­tôt à l’aven­ture avec ses amis ani­maux. Capturés par le capi­taine Silver et ses pira­tes, ils sont ven­dus comme escla­ves et jetés en pri­son. Dans les geô­les de l’île aux pira­tes, Jim fait la connais­sance de Cathy, petite fille du capi­taine Flint. A eux deux, ils vont ten­ter de devan­cer les pira­tes dans la course au tré­sor.
Inspiré du célè­bre roman de Robert L. Stevenson. Humour, action, fan­tai­sie, ce film est aussi un chef- d’œuvre dans son trai­te­ment pic­tu­ral révo­lu­tion­naire. Une des meilleu­res pro­duc­tions de la Tôei Animation.

Horus, prince du soleil
(Taiyô no ôji Horusu no dai­bô­ken)

de Isao Takahata / 1968 / 1h39 / 35mm cou­leur / Tôei / VOSTF / Distribution Wild Side Films

Une peu­plade nor­di­que vit sous le joug de créa­tu­res sur­na­tu­rel­les. Le jeune Horus est atta­qué un jour par une horde de loups. Il est secouru par un géant de pierre qui lui confie une épée. Celle-ci fera d’Horus, s’il sait l’uti­li­ser, le prince du soleil qui pourra libé­rer les vil­la­ges de l’abo­mi­na­ble mons­tre de glace, Grünwald.
Pierre angu­laire de l’ani­ma­tion japo­naise, ce film mar­que les débuts d’une lon­gue col­la­bo­ra­tion entre les deux génies de l’ani­ma­tion japo­naise contem­po­raine : Isao Takahata et Hayao Miyazaki (ani­ma­teur

Les aven­tu­res de Kikansha Yaemon D51
(Kikansha Yaemon D51 no dai­bô­ken)

de Takeshi Tamiya / 1974 / 1h02 / Couleur / Tôei / VOSTF

Yaemon, une vieille loco­mo­tive à vapeur, est en fin de ser­vice. Moquée par les trains électrique et à moteur die­sel, elle se rési­gne à pren­dre sa retraite à la cam­pa­gne. Un jour, des ban­dits volent tous les billets de train et s’enfuient dans le train die­sel. Yaemon se lance à leur pour­suite, mais elle s’essouf­fle rapi­de­ment… Une œuvre expé­ri­men­tale qui mêle des­sin animé et ima­ges réel­les.

Les grands contes popu­lai­res adap­tés à l’ani­ma­tion

La prin­cesse de la lune
(Kaguya hime)
1961 / 27 mn / Couleur / VOSTF / Production Gakushû ken­kyû­sha / ani­ma­tion de marion­net­tes

Une nuit, un vieux cou­peur de bam­bous décou­vre dans la forêt une minus­cule petite fille qu’il ramène chez lui et pré­sente à sa femme. Le cou­ple, sans enfants, décide de l’adop­ter. La petite fille gran­dit rapi­de­ment et devient la plus belle demoi­selle de la région…

La grue reconnais­sante
(Tsuru no ongae­shi)
1965 / 17mn / Couleur / VOSTF / Production Gagushû ken­kyû­sha / ani­ma­tion de marion­net­tes

Un vieux pay­san sauve la vie d’une grue prise dans un piège en pleine mon­ta­gne. Plus tard, une jeune fille vient frap­per à sa porte…

L’ani­ma­tion d’auteur : les expé­ri­men­ta­tions de Yôji Kuri
Interdit aux moins de 12 ans

Amour (Ai) / 1965 / VOSTA / 16mm
Samouraï (Samurai) / 1965 / VOSTA / 16mm
La nuit des para­si­tes (Kiseichû no ichiya) / 1967 / VOSTA / 16mm
Au fou ! (Satsujinkyô jidai) / 1967 / VOSTA / 16mm
La cham­bre (Heya) / 1967 / VOSTA / 16mm
La salle de bain (Basurûmu) / 1972 / VOSTA / 16mm

Dates
Maison de la culture du Japon à Paris

Cinéma

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