Heinosuke Gosho : beauté et tristesse « Les maîtres méconnus du cinéma japonais » : 7e volet

Du jeudi 26 janvier au samedi 11 février 2006

Heinosuke Gosho (1902-1981) est resté dans les mémoires comme le peintre appliqué et infatigable de la vie des petites gens, en quarante années de carrière et une centaine de films. Son attachement, érigé en style, à la réalité populaire et « à la comédie des hommes dans leur vie quotidienne » va en faire le chef de file d’un genre particulier, le shomingeki (films décrivant le quotidien des gens ordinaires), qui disparaîtra dans les années 1960, mettant un terme à sa carrière de cinéaste. Ses films sont le chaînon manquant, dans notre exploration du cinéma japonais, entre les œuvres de Yasujirô Ozu et Mikio Naruse.

Films :

La femme de la brume
(Oboroyo no onna)

1936 / 112’ / copie neuve 35mm / VOSTF
Scénario Tadao Ikeda
Avec Choko Iida, Shin Tokudaiji, Takeshi Sakamoto

Bunkichi et sa femme, sans enfants, sont tein­tu­riers dans un quar­tier popu­laire de Tôkyô. La sœur de Bunkichi, Otoku, est veuve et elle n’attend plus de la vie qu’une brillante car­rière pour son fils, Seiichi. Ce der­nier a une aven­ture avec une hôtesse de bar, ancienne maî­tresse de son oncle. Quand Bunkichi apprend qu’elle est enceinte de son neveu, il va sau­ver la situa­tion et l’ave­nir de Seiichi : il décide d’adop­ter l’enfant qui va naî­tre pour le bien de tout le monde…

Les demoi­sel­les d’Izu
(Izu no musu­me­ta­chi)

1945 / 74’ / copie neuve 35mm / VOSTF
Scénario Tadao Ikeda
Avec Reikichi Kawamura, Mitsuko Miura, Momoo Yotsumoto

Bunkichi, petit res­tau­ra­teur de quar­tier, est veuf et vit avec ses deux filles, Shizue et Tamiko, en âge de se marier. Sur la demande d’un ami, il accepte de pren­dre chez lui comme pen­sion­naire un jeune ingé­nieur et fils de bonne famille muté dans une usine du quar­tier. Et ce contre l’avis de sa sœur qui craint que la pré­sence du gar­çon sous le même toit ne per­turbe ses deux niè­ces… Mélodrame fami­lial dont l’intri­gue n’est pas sans rap­pe­ler cel­les des films d’Ozu de la der­nière période, Les demoi­sel­les d’Izu est la pre­mière sor­tie en salle (le 30 août 1945) de l’après-guerre. Les ciné­mas qui avaient tous été fer­més le 15 août 1945, date de la capi­tu­la­tion du Japon, rou­vraient 15 jours plus tard sous le contrôle de la cen­sure amé­ri­caine.

Encore une fois
(Ima hito­ta­bino)

1947 / 119’ / copie 35mm / VOSTF
Scénario Keinosuke Uekusa d’après le roman de Jun Takami
Avec Ichirô Ryusaki, Mieko Takamine, Akitake Kono

Nogami, ses études finies, décide de tra­vailler comme méde­cin dans un cen­tre d’aide sociale. Un jour qu’il assiste à une repré­sen­ta­tion de Hamlet , il tombe amou­reux de l’inter­prète d’Ophélie, Akiko. Pendant la guerre, Nogami, poli­ti­que­ment engagé, est arrêté, puis envoyer au front. Lors des adieux, Akiko pro­met de l’atten­dre tous les diman­ches à l’église…

Visage inou­blia­ble
(Omokage)

1948 / 96’ / copie 35mm / VOSTF
Scénario Kennosuke Tateoka
Avec Ichirô Sugai, Yuriko Hamada, Ranko Akagi

Kawasaki, veuf, rend visite à son maî­tre, le pro­fes­seur Inagaki, rema­rié avec une très jeune femme, Sachiko. La res­sem­blance phy­si­que de Sachiko avec sa femme dis­pa­rue va le bou­le­ver­ser. Un jour qu’il est seul avec Sachiko, Kawasaki va lui avouer son amour. Inagaki, mis au cou­rant par sa pro­pre femme des égarements sen­ti­men­taux de son ancien élève, va ten­ter de convain­cre celui-ci de ne pas céder « aux capri­ces du des­tin ».

Les qua­tre che­mi­nées
(Entotsu no mieru basho kara)

1953 / 106’ / copie 35mm / VOSTF
Scénario Hideo Oguni d’après le roman de Rinzô Shiina
Avec Ken Uehara, Kinuyo Tanaka, Hiroshi Akutagawa

Dans une ban­lieue indus­trielle de Tôkyô, l’his­toire d’un bébé aban­donné recueilli par un cou­ple sans enfants et leurs deux pen­sion­nai­res. Comédie, romance, drame : Gosho mêle les gen­res avec brio dans cet incontour­na­ble du cinéma japo­nais. Prix inter­na­tio­nal de la paix au Festival de Berlin 1953.

Le coq chante deux fois
(Niwatori wa futa­tabi naku)

1954 / 118’ / copie 16mm / VOSTA
Scénario Rinzô Shiina
Avec Shûji Sano, Akio Satake, Atsushi Watanabe

L’échec par lequel s’est sol­dée sa recher­che d’un gise­ment de gaz natu­rel a poussé Maeda au sui­cide. Mais sa mère est per­sua­dée que c’est parce que Fumiko aurait refusé sa demande en mariage que son fils s’est tué. Fumiko songe au sui­cide mais elle est réconfor­tée par cinq employés de Maeda. Un jour, un escroc qui pré­tend être un géo­lo­gue leur pro­pose de cher­cher avec lui du pétrole dans la région…

Encore une nuit
(Aruyo futa­tabi)

1956 / 99’ / copie 35mm / VOSTA
Scénario Keiji Hasebe, Heinosuke Gosho
Avec Shuji Sano, Nobuko Otowa, Hitomi Nozoe

Shida est un homme taci­turne depuis qu’il est au chô­mage. En revan­che, sa femme Akiko est d’un carac­tère enjoué et tra­vaille avec entrain dans un hôtel de Tôkyô. Un jour, leur nièce d’Ôsaka s’ins­talle chez eux. Shida va alors décou­vrir un secret que sa femme lui avait caché jusqu’alors.

Le cor­beau jaune
(Kiiroi karasu)

1957 / 104’ / copie 35mm / VOSTA
Scénario Kennosuke Tateoka, Keiji Hasebe, Shigeko Yuki
Avec Chikage Awashima, Yûnosuke Itô, Kinuyo Tanaka

Yoshida ren­tre chez lui après dix années de vie en Chine. Il n’éprouve qu’indif­fé­rence envers son fils Kiyoshi qu’il n’a pas vu gran­dir. Kiyoshi, inti­midé par son père, se sent encore plus délaissé quand naît un an plus tard sa petite sœur…

Élégie du Nord
(Banka)

1957 / 130’ / copie 16mm / VOSTA
Scénario Toshio Yasumi, Shigeko Yumi d’après le roman de Yasuko Harada
Avec Yoshiko Kuga, Tatsuo Saito, Masayuki Mori
Une jeune femme atteinte d’arthrite mène une vie morose jusqu’au jour où elle s’éprend d’un ingé­nieur marié. Inspirée d’un best-sel­ler, cette his­toire d’amour a pour cadre les pay­sa­ges sau­va­ges et roman­ti­ques du nord du Japon.

Le fusil de chasse
(Ryôjû)

1961 / 98’ / copie 35mm / VOSTF
Scénario Toshio Yasumi d’après le roman de Yasushi Inoue
Avec Fujiko Yamamoto, Keiji Sada, Haruko Wanibuchi

Adaptation du célè­bre roman de Yasushi Inoue. Ce mélo­drame raconte l’his­toire d’une liai­son entre un homme marié et une jeune femme divor­cée, mère d’une grande fille.

Maman, marie-toi !
(Kâchan, kek­kon shiro yo)

1962 / 97’ / copie 35mm / VOSTA
Scénario Heinosuke Gosho, Hideo Horie d’après le roman de Kazuo Dan Avec Michiyo Aratama, Takahiro Tamura, Junzaburô Ban
Ne sup­por­tant plus la vie à Tôkyô avec un mari débau­ché, Mitsuyo est retour­née dans son vil­lage natal où elle tra­vaille dans un bar. Elle vit avec son fils qui, croyant son père mort, vou­drait que sa mère se rema­rie

La sor­cière inno­cente
(Osorezan no onna)

1965 / 98’ / copie 35mm / VOSTA
Scénario Hideo Horie d’après le roman de Gen Ogawa
Avec Jitsuko Yoshimura, Kin Sugai, Yoshio Yoshida

Ayako, une jeune fille pau­vre d’un vil­lage de pêcheurs, est contrainte de se pros­ti­tuer dans une mai­son de ren­dez-vous pour sub­ve­nir aux besoins de sa famille. Rapidement, une malé­dic­tion sem­ble peser sur Ayako : tous ceux qui la connais­sent meu­rent de mort vio­lente…

Une mère et ses onze enfants
(Kâchan to jûi­chi nin no kodomo)

1966 / 108’ / copie 35mm / VOSTA
Scénario Hideo Horie d’après le roman de Tora Yoshida
Avec Sachiko Hidari, Kiyoshi Atsumi, Yoshiko Kuga

La vie d’une mère de famille, Tora, qui a élevé onze enfants. Mariée dans les années 1920, elle aide son mari à tra­vailler la terre. Pendant les années où celui-ci est mobi­lisé, elle s’occupe seule du foyer et des champs. Elle trouve la récom­pense de son dur labeur dans ses enfants qui gran­dis­sent et lui appor­tent la joie de vivre. Avec Kiyoshi Atsumi, l’inou­blia­ble acteur de la série Tora-san .

Le ban­quet
(Utage)

1967 / 100’ / 35mm / VOSTA
Scénario Hideo Horie d’après le roman de Hiroshi Tonegawa
Avec Shima Iwashita, Kyûzô Kawabe, Jin Nakayama, Hideo Kanze (acteur Nô)

Suzuko, fille d’un grand cui­si­nier du quar­tier Akasaka à Tôkyô se marie avec le fils d’un acteur de nô de l’école Kanze. Elle est pour­tant amou­reuse d’un offi­cier, Yakata qui l’a reje­tée, pres­sen­tant une mort pro­chaine car il a décidé de par­ti­ci­per au coup d’état du 26 février 1936. Celui-ci échoue et Yakata est exé­cuté. Suzuko, évoquant son amour pour Yakata, s’empoi­sonne. Célèbre drame amou­reux dont l’atmo­sphère n’est pas sans rap­pe­ler le mythi­que Rites d’amour et de mort (Yûkoku ) tourné par Yukio Mishima l’année pré­cé­dente.

Dates
Maison de la culture du Japon à Paris

Cinéma

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