Kon Ichikawa

Du vendredi 5 au samedi 27 mars 2004


Kon Ichikawa (1915-) est l’un des plus grands et des plus prolifiques réalisateurs japonais. Avant tout connu en France pour ses adaptations d’œuvres littéraires (L’étrange obsession, Le pavillon d’or, Feux dans la plaine…), il est cependant l’auteur complexe et inclassable de grands succès populaires comme de chefs-d’œuvre adulés par les cinéphiles. Sa filmographie mêle ainsi films humanistes dénonçant les horreurs de la guerre et comédies délurées (il fut un temps surnommé le « Capra japonais »), documentaires et films historiques.

Les films :

Dix fem­mes en noir
(Kuroi jûnin no onna)
1961 / 1h43 / 35 mm / noir et blanc / VOSTF

Scénario Natto Wada / Photographie Setsuo Kobayashi / Musique Yasushi Akutagawa / Production Daiei

Avec Keiko Kishi, Fujiko Yamamoto, Eiji Funakoshi, Kyôko Ishida

Dix fem­mes qui ont été les maî­tres­ses mal­heu­reu­ses d’un pro­duc­teur de télé­vi­sion se soli­da­ri­sent et com­plo­tent de l’assas­si­ner… Une comé­die noire sur le sexe et une cri­ti­que grin­çante des rela­tions entre hom­mes et fem­mes.

Doraheita
(Doraheita)
2000 / 1h51 / Couleur / VOSTF

Scénario Akira Kurosawa, Keisuke Kinoshita, Ichikawa Kon, Masaki Kobayashi, d’après un roman de Shugorô Yamamoto / Photographie Yukio Isohata / Production « Doraheita » Production Committe

En 1969, qua­tre mons­tres sacrés du cinéma japo­nais s’asso­cient pour écrire le scé­na­rio de Doraheita : Kurosawa, Kinoshita, Kobayashi et Ichikawa. Suite à l’échec de Kurosawa avec Dodeskaden, le film ne sera tourné par Ichikawa que 30 ans plus tard. Kôji Yakusho (L’Anguille, Cure) inter­prète le rôle d’un magis­trat qui com­bat le crime et la cor­rup­tion dans une petite ville, à l’époque où les clans domi­naient le Japon. Il fré­quente pour cela les pros­ti­tuées, boit énormément et se moque du pou­voir... Ce film de samou­rais revi­site le genre en mêlant comé­die et phi­lo­so­phie, recons­ti­tu­tion his­to­ri­que et musi­que contem­po­raine…

Tendre et folle ado­les­cence
(Otôto)
1960 / 1h38 / 35 mm / cou­leur / VOSTF

Scénario Yoko Mizuki, d’après un roman de Aya Kôda / Photographie Kazuo Miyagawa / Production Daiei
Avec Keiko Kishi, Hiroshi Kawaguchi, Kinuyo Tanaka

Pendant l’ère Taishô (1912-1926), l’his­toire d’un frère qui mène une vie dis­so­lue et de sa sœur, cou­ra­geuse et rai­son­na­ble. Ce mélo­drame aux magni­fi­ques tons pas­tel fut nommé « Meilleur film de l’année » par le maga­zine Kinema Jumpo en 1960.

Monsieur Pû
(Pû-san)
1953 / 1h38 / noir et blanc / VOSTF

Scénario Natto Wada, Kon Ichikawa, Jumei Eirai, d’après un roman de Taizô Yokoyama / Photographie Asakazu Nakai / Production Toho
Avec Yûnosuke Itô, Fubuki Koshiji, Kaoru Yachigusa

Monsieur Pû, un pro­fes­seur de mathé­ma­ti­ques, est entraîné dans des situa­tions inex­tri­ca­bles alors qu’il tente de faire son che­min parmi le chaos et la cor­rup­tion d’après-guerre. Dans cette comé­die lou­fo­que ins­pi­rée d’une série de des­sins sati­ri­ques publiée dans le jour­nal Asahi Shimbun, Ichikawa enchaîne les scè­nes comi­ques sur la pros­ti­tu­tion, le chô­mage, le mar­ché noir, le réar­me­ment…, qui reflè­tent cette époque trou­blée. Une des meilleu­res comé­dies de ce réa­li­sa­teur.

Le train bondé
(Man.in den­sha)
1957 / 1h39 / 35 mm / noir et blanc / VOSTF

Scénario Natto Wada / Photographie Hiroshi Murai / Musique Kôji Taku / Production Daiei
Avec Hiroshi Kawaguchi, Michiko Ono, Eiji Funakoshi, Chishû Ryû

Cette satire excen­tri­que du Japon d’après-guerre aborde le pro­blème de l’alié­na­tion de l’homme par le tra­vail. Une comé­die extra­or­di­naire qui fut cepen­dant un échec cui­sant pour Ichikawa.

J’ai deux ans
(Watashi wa nisai)
1962 / 1h28 / Couleur / VOSTF

Scénario Natto Wada, d’après un récit de Michio Matsuda / Photographie Setsuo Kobayashi / Production Daiei
Avec Hiroo Suzuki, Eiji Funakoshi, Fujiko Yamamoto

Inspirée d’un essai sur l’éducation des jeu­nes enfants écrit par un pédia­tre, cette satire sociale traite des effets du boom économique de l’après-guerre sur la vie d’une famille tra­di­tion­nelle. Si on pense par­fois aux pre­miè­res comé­dies d’Ozu, le style sac­cadé et le ton iro­ni­que du film sont annon­cia­teurs de la Nouvelle Vague japo­naise.

Seul sur l’océan Pacifique
(Taiheiyô hito­ri­bo­chi)
1963 / 1h37 / 35 mm / cou­leur / VOSTF

Scénario Natto Wada, d’après un récit de Ken.ichi Horie / Photographie Yoshihiro Yamazaki / Musique Yasushi Akutagawa / Production Ishihara International Promotions, Nikkatsu
Avec Yujirô Ishihara, Masayuki Mori, Kinuyo Tanaka

En 1962, un jeune Japonais tra­verse le Pacifique à la voile en soli­taire. Le film retrace sous la forme d’un jour­nal l’exploit de ce jeune qui, parti d’Ôsaka, mit trois mois pour rejoin­dre la côte cali­for­nienne.

Sanshirô de Ginza
(Ginza Sanshirô / Ginza no mosa)
1950 / 1h22 / Noir et blanc / VOSTF

Scénario Naoyuki Hatta / Photographie Jun Yasumoto / Production Shintôhô, Aoyagi Productions
Avec Susumu Fujita, Takashi Shimura, Reikichi Kawamura

Un méde­cin net­toie la ville de ses voyous…

Le pau­vre cœur des hom­mes
(Kokoro)
1955 / 2h02 / Noir et blanc

Scénario Katsuhito Inomata et Keiji Hasebe, d’après un roman de Sôseki Natsume / Photographie Takeo Itô, Kumenobu Fujioka / Production Nikkatsu
Avec Masayuki Mori, Michiyo Aratama, Tatsuya Mihashi

Adaptation du célè­bre roman que Sôseki Natsume écrivit en 1914, deux ans après la mort de l’Empereur Meiji. La fin d’une époque est évoquée dans ce por­trait d’un vieux pro­fes­seur qui porte un regard amer sur sa vie mar­quée par son mariage avec une femme qu’il n’aime pas et le sui­cide d’un ami de jeu­nesse.

Ohan
(Ohan)
1984 / 1h52 / Couleur / VOSTF

Scénario Kon Ichikawa, Shin.ya Hidaka / Photographie Yukio Isohata / Production Toho
Avec Sayuri Yoshinaga, Kôji Ishizaka, Tanie Kitabayashia

Dans la région d’Ôsaka, vers 1920. Kokichi aban­donne sa femme, la belle et douce Ohan, pour une gei­sha dont il s’est enti­ché. Mais Ohan est enceinte… Ce film som­bre oppose à la sou­mis­sion et au sacri­fice de la femme, l’égoïsme et l’incons­tance de l’homme.

Le pavillon d’or
(Enjô)
Drame / 1958 / 1h36 / Noir & blanc / Scope / Copie 35mm / VOSTF

Scénario Nattô Wada & Keiji Hasebe, d’après le roman de Yukio Mishima / Photographie Kazuo Miyagawa / Musique Toshirô Mayuzumi / Production Daiei
Avec Raizô Ichikawa, Tatsuya Nakadai, Ganjirô Nakamura, Jun Hamamura

Goichi Mizoguchi, confor­mé­ment aux der­niè­res volon­tés de son père, est pris en charge par le bonze Tayama, du tem­ple Shûkaku à Kyôto. L’endroit est régu­liè­re­ment visité par des tou­ris­tes. Pour Mizoguchi, ces gens souillent l’image sacrée du tem­ple. Qui plus est, le jeune homme sur­prend Tayama en com­pa­gnie d’une gei­sha. Mizoguchi va réa­gir de façon radi­cale.

Nihonbashi
(Nihonbashi)
1956 / 1h51 / cou­leur / VOSTF

Scénario Natto Wada, d’après un roman de Kyôka Izumi / Photographie Kimio Watanabe / Production Daiei

Avec Chikage Awashima, Fujiko Yamamoto, Ayako Wakao

Cette adap­ta­tion élégante du roman de Kyôka Izumi est le pre­mier film en cou­leur d’Ichikawa. Elle traite de la riva­lité entre deux gei­shas qui veu­lent contrô­ler le quar­tier de Nihonbashi, à Edo.

L’actrice
(Eiga joyû)
1987 / 2h10 / Couleur / VOSTF

Scénario Kaneto Shindô, Shin.ya Hidaka, Kon Ichikawa / Photographie Yukio Isohata / Production Tôhô
Avec Sayuri Yoshinaga, Kôji Ishizaka, Tanie Kitabayashia

Ichikawa retrace la vie de Kinuyo Tanaka, actrice féti­che de Kenji Mizoguchi. Il dépeint également avec lyrisme le monde du cinéma japo­nais à son apo­gée.

La danse du grisbi
(Dokonjô mono­ga­tari : zeni no odori)
1964 / 1h30 / Couleur / VOSTF

Scénario Kurisutei (Ichikawa) / Photographie Kazuo Miyagawa / Production Daiei
Avec Shintarô Katsu, Chiemi Eri, Eiji Funakoshi

Cette comé­die met en scène un homme qui, vou­lant faire le bien à tout prix, n’hésite pas à met­tre sa vie en dan­ger. Satire féroce du Japon moderne et hom­mage aux films de yaku­zas, La danse du grisbi est sans conteste l’œuvre la plus déli­rante de la fil­mo­gra­phie d’Ichikawa.

La cham­bre des exé­cu­tions
(Shokei no heya)
1956 / 1h36 / Noir et blanc

Scénario Natto Wada et Keiji Hasebe, d’après un roman de Shintarô Ishihara / Photographie Yoshihisa Nakagawa / Production Daiei
Avec Hiroshi Kawaguchi, Ayako Wakao, Seiji Miyaguchi

Adaptation d’un roman de Shintarô Ishihara, l’actuel gou­ver­neur de Tôkyô qui était à l’époque un jeune et scan­da­leux roman­cier à suc­cès. Cette his­toire d’étudiants qui se com­por­tent comme des délin­quants cho­qua par sa vio­lence et fut sévè­re­ment cri­ti­quée pour son « influence délé­tère » sur la jeu­nesse.

La harpe de Birmanie
(Biruma no tate­goto)
Film de guerre / 1956 / 1h56 / Noir & blanc / Copie 35mm / VOSTA

Scénario Nattô Wada / Photographie Minoru Yokoyama / Musique Akira Ifukube / Production Nikkatsu
Avec Rentarô Mikuni, Jun Hamamura, Shôji Yasui, Taketoshi Naitô

Une com­pa­gnie japo­naise refuse de se ren­dre aux Anglais à la fin de la guerre en Birmanie. Le sol­dat Mizushima, qui doit convain­cre ses cama­ra­des d’abdi­quer, est dégoûté par la guerre. Il déserte et devient bonze alors qu’il est porté dis­paru par sa com­pa­gnie.

Je suis un chat
(Wagahai wa neko de aru)
Drame / 1975 / 1h56 / Couleur / Copie 16mm / VOSTF

Scénario Toshio Yasumi d’après le roman de Sôseki Natsume / Photographie Kôzô Okazaki / Musique « Inventions » de Jean-Sébastien Bach (Orchestration Teruo Miyamoto)
Avec Tatsuya Nakadai, Kuriko Namino, Jûzô Itami, Nobuhito Okamoto, Yôko Shimada, Mariko Okada

Le pro­fes­seur d’anglais Kushami et ses amis sont des intel­lec­tuels typi­ques de l’Ere Meiji. Ils pas­sent des jour­nées entiè­res à phi­lo­so­pher sur leur époque sous l’œil froid et amusé d’un chat qui a élu domi­cile chez Kushami.

La confes­sion impu­di­que (L’étrange obses­sion )
(Kagi)
Drame / 1959 / 1h47 / Couleur Scope / Copie 35mm / VOSTA

Scénario Nattô Wada & Keiji Hasebe, d’après un roman de Jun.ichirô Tanizaki / Photographie Kazuo Miyagawa / Musique Yasushi Akutagawa / Production Daiei
Avec Kyô Machiko, Junko Kanai, Tatsuya Nakadai, Ganjirô Nakamura

Kenmochi ne peut plus satis­faire sa femme, Ikuko, plus jeune que lui. Les piqû­res for­ti­fian­tes ayant échoué, il s’arrange pour se ren­dre jaloux. Commence alors une série de stra­ta­gè­mes impli­quant mal­gré elle toute la famille de Kenmochi. (inter­dit aux moins de 16 ans)

Dates
Maison de la culture du Japon à Paris

Cinéma

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