Derniers sursauts du documentaire engagé des années 60-70
Recherche de soi dans le courant néo-documentariste
Vidéo-activisme des années 90 : une alternative aux médias dominants
Vivre de la rivière Agano
(Aga ni ikiru)
115’ / 1992 / 16mm / couleur / sous-titres français
Réalisation Makoto Satô
Photographie Shigeru Kobayashi
Musique Kyomaro
Son Shôji Suzuki
Narration Shôji Suzuki
Production « Living on the River Agano » Production Committee
Pendant trois années, le réalisateur Makoto Satô rencontre les habitants des petits villages situés en bordure de la rivière Agano (département de Niigata) d’où ils ont longtemps tiré leurs ressources jusqu’au jour où elle fut polluée par des rejets de mercure provenant d’une grande industrie locale. Il filme leur vie quotidienne, montre comment leur attachement ancestral à la rivière a été bouleversé par la pollution, et leur combat pour être officiellement reconnu comme des victimes dela maladie de Minamata.
« Aum » - Edition internationale
(« A »)
136’ / 1997 / Betacam SP / couleur / sous-titres anglais
Réalisation Tatsuya Mori
Photographie Tatsuya Mori
Production Takaharu Yasuoka, « A » Production Committee
Un documentaire exceptionnel sur la secte Aum filmée de l’intérieur deux ans après l’attentat au gaz sarin dans le métro de Tôkyô. Pendant deux années, Tatsuya Mori va filmer la vie des responsables du service de communication, seul lien encore existant avec les croyants après l’arrestation du gourou Asahara et le démantèlement de la secte. Le film invite à réfléchir sur l’état de nos sociétés modernes qui créent et développent en leur sein de telles organisations.
Le nouveau dieu
(Atarashii kamisama)
99’ / 1999 / Betacam SP / couleur / sous-titres anglais
Réalisation Yutaka Tsuchiya
Photographie & narration Karin Amamiya,
Hidehito Itô, Yutaka Tsuchiya
Musique Takeshi Katô (Rebel Blue)
Production W-TV Office
La rencontre à priori inconcevable et cocasse entre un groupe de musique punk ultranationaliste et un réalisateur aux idées de gauche opposé au système impérial. De cet échange insolite va surgir l’image d’une jeunesse japonaise fin de siècle à la recherche d’un système de valeurs qui la rassure.
Que pensez-vous de la responsabilité de l’Empereur dans la guerre ?
(Anata wa sensô sekinin ni tsuite dô omoimasuka)
53’ / 1997 / Betacam SP / couleur / sous-titres anglais
Réalisation Yutaka Tsuchiya
Photographie Yutaka Tsuchiya, Wain Akano
Production W-TV Office
Le 16 août 1996, jour du 51e anniversaire de la fin de la guerre, Yutaka Tsuchiya filme des personnes qui viennent se recueillir pour l’occasion au sanctuaire Yasukuni à Tôkyô et leur demande leur point de vue sur la responsabilité de l’Empereur dans la guerre. Il fait ensuite un montage vidéo de ces réponses et les diffuse sur un moniteur qu’il confronte à un autre moniteur présentant des images traitant du même sujet, mais cette fois par les grands médias. Le spectateur est invité à se faire son propre jugement en confrontant ces deux formes médiatiques.
Bonjour Kimchi !
(Annyong kimuchi)
52’ / 1999 / 16mm / couleur / sous-titres français
Réalisation Tetsuaki Matsue
Photographie Tetsuaki Matsue, Kazuki Mogi
Musique Samu Okano
Narration Masako Matsue
Production Japan Academy of Visual Arts
Coréen de troisième génération né au Japon, naturalisé japonais à l’âge de cinq ans, Tetsuaki Matsue ne parle pas coréen, déteste le kimchi (plat traditionnel coréen) et ignore presque tout de ses origines.
Son grand-père ne le lui pardonnera jamais et lui lancera sur son lit de mort : « Tetsuaki, pauvre imbécile ! ». Tetsuaki décide donc, à 21 ans, de faire un film, drôle et tendre à la fois, sur l’histoire de sa famille.
Ryôko, 21ans
(Ryôko, nijû issai)
9’ / 1998 / Betacam SP / couleur / sous-titres français
Réalisation Yutaka Tsuchiya
Yutaka Tsuchiya lit et commente les lettres qu’il a reçues d’une jeune fille, Ryôko, dans lesquelles elle lui confie son expérience du enjokôsai, c’est-à-dire qui a accepté, pour se faire de l’argent, de devenir la confidente, de fréquenter, ou même de se prostituer avec des hommes généralement plus âgés.
Aller et venir avec le vent
(Kaze to yukikishi)
154’ / 1989 / 16mm / couleur / sous-titres français
Réalisation Hisao Yanagisawa
Photographie Jun.ichi Segawa
Musique Akira Satô
Son Fumiaki Murakami
Narration Shôichi Itô
Production The Morioka Citizens Welfare Bank
Pendant quatre années, Hisao Yanagisawa a filmé le travail et l’organisation de « La Banque du bien-être », une association de Morioka (Nord du Japon) qui emploie plusieurs dizaines de personnes handicapées. Cette association qui doit s’autogérer tire ses revenus de la récupération d’objets qu’elle revend dans ses propres boutiques. Mais face à des difficultés de gestion, les responsables de la « Banque du bien-être » se révèlent être plus préoccupés par la propre survie de leur association que par le bien-être et l’insertion sociale des handicapés.
Le journal de Yunbogi
(Yunbogi no nikki)
25’ / 1965 / 16mm / noir & blanc / sous-titres anglais
Réalisation Nagisa Ôshima
Montage Keiichi Uraoka
Production Sôzôsha
Distribution Ôshima Nagisa Production
Un film à la fois poétique et politique, à partir du journal d’un jeune Coréen et de photos sur la Corée de l’époque, dont certaines ont été prises par Ôshima lui-même. L’enfant confronté à la misère et aux séquelles de la guerre, lance un appel à sa mère disparue.
Dans les rues
(Dokyumento Rojô)
54’ / 1964 / 16mm / noir & blanc / sous-titres français
Réalisation Noriaki Tsuchimoto
Photographie Tatsuo Suzuki
Son Kôichi Asanuma
Production Tôyô Cinema
Distribution Siglo
Un an avant les Jeux Olympiques de 1964, des quartiers de Tôkyô sont encore dans la boue, dans les ruelles les égouts sont à ciel ouvert, et les routes importantes ne sont même pas pavées. La réhabilitation de la ville bat son plein, elle doit aboutir coûte que coûte. Même les chauffeurs de taxi participent à l’effort de transformation.
Un apprenti cheminot
(Aru kikan joshi)
37’ / 1963 / 35mm / noir & blanc / sous-titres français
Réalisation Noriaki Tsuchimoto
Photographie Sakae Negishi
Son Tetsuo Yasuda
Production Iwanami Production
Distribution Siglo
Entre Ueno et Mito, sur la dernière tranche non électrifiée de la ligne Jôban, le train à vapeur transporte quotidiennement des milliers de voyageurs. La journée du conducteur et de son assistant qui, dans leur étroite cabine, se partagent les tâches et les soucis, sert de trame au récit. Face aux images stupéfiantes révélant l’omniprésence des risques d’accident sur tout le trajet, le spectateur partage l’extrême tension qui habite les conducteurs sur lesquels repose la sécurité ferroviaire.
Le chant des pierres
(Ishi no uta)
25’ / 1963 / 16mm / noir & blanc / sous-titres français
Réalisation Toshio Matsumoto
Photographie Ernest Satô
Production Tôkyô Hôsô / Tôkyô TV Eiga
Distribution Image Forum
Le village de Agi, dans l’île de Shikoku, est entouré de carrières de granit. Le réalisateur a choisi de filmer en banc-titre un montage de photos qui reflètent les dures conditions de travail des ouvriers dans ces carrières. Georges Sadoul considérait ce film comme le précurseur de La Jetée de Chris Marker.
Nishijin : les tisserands de Kyôto
(Nishijin)
27’ / 1961 / 16mm / noir & blanc / sous-titres français
Réalisation Toshio Matsumoto
Photographie Yoshio Miyajima
Son Mikio Katayama
Montage Miyuki Miyamori
Distribution Image Forum
Le quartier de Nishijin, à Kyôto, est un quartier très ancien habité par des artisans spécialisés dans le tissage de la soie pour les kimonos. Toshio Matsumoto construit une vision esthétique de la vie du quartier et nous invite à la partager dans ce ciné-poème.
L’observatoire du mont Fuji
(Fujisanchô kansokujo)
21’ / 1948 / 16mm / noir & blanc / sous-titres français / copie neuve
Réalisation, scénario Hisao Yanagisawa
Photographie Seiji Nakamura
Son Eizô Sakai
Production Nippon Eigasha, Central Meteorological Observatory
Hisao Yanagisawa filme en plein hiver la vie et les difficiles conditions de travail des ingénieurs météorologues au sommet du mont Fuji. Avant 1945, les projets documentaires traitant du mont Fuji n’avaient jamais pu aboutir. La censure de l’époque avait en effet toujours refusé que ce symbole sacré de la nation fût examiné sous un point de vue scientifique.
Vivre de la mer - le travail
des chalutiers de haute mer
(Umi ni ikiru - enyôsokobikigyosen no kiroku)
32’ / 1949 / 16mm / noir & blanc / sous-titres français
Réalisation Hisao Yanagisawa, Seiichi Kabashima
Photographie Shigeo Hayashida, Hiroshi Shimizu
Script Shinji Takeuchi
Production Nippon Eigasha
Distribution Nippon Eiga Shinsha
La vie périlleuse des marins pêcheurs japonais qui affrontent les flots déchaînés de la mer de Chine Orientale et de la mer Jaune. Documentaire typique de l’immédiat après-guerre quand les différentes confédérations syndicales ouvrières commandaient aux maisons de production des films sur leurs activités respectives.
Le Hokuriku - Une nouvelle histoire naturelle
(Hokuriku-Shinfûdoki)
26’ / 1953 / 16mm / noir & blanc / sous-titres français
Réalisation Hisao Yanagisawa, Shinji Takeuchi
Photographie Kimihiko Katô, Kichigorô Irisawa
Script Ujitoshi Iwasa
Production Iwanami Productions
Distribution Iwanami Audio-Visual Media Inc.
Film publicitaire commandé par la Société d’Electricité du Hokuriku, région du Nord prise en étau entre la barrière montagneuse des Alpes japonaises et la mer du Japon. L’effort d’industrialisation locale qui se heurte à des conditions géographiques et climatiques défavorables s’apparente à une lutte vaillante contre l’emprise du milieu naturel.
La tragédie du Japon
(Nihon no higeki)
39’ / 1946 couleur / 16mm / noir & blanc / sous-titres français
Réalisation Fumio Kamei
Production Nippon Eigasha
Distribution Nippon Eiga Shinsha
Fumio Kamei utilise des images d’actualités tournées entre 1937 et 1945 pour expliquer comment le Japon est entré dans la tourmente de la guerre tout en désignant ouvertement les responsables politiques et militaires de cette tragédie. Malgré la démocratisation de l’industrie cinématographique, le film fut retiré des salles dès sa sortie, sur la demande du gouvernement japonais craignant que la critique de l’autorité impériale faite dans ce documentaire très politiquement engagé ne troublât l’ordre public.
Le mur de la mer
(Kaiheki)
60’ / 1959 / 16 mm / couleur / sous-titres français
Réalisation Kazuo Kuroki
Photographie Kazuzo Katô
Son Zenichirô Sakurai
Production Iwanami Production
Distribution Iwanami Audio-Visual Media Inc.
Ce documentaire est le premier film réalisé en cinémascope, avant même que le procédé ne soit adopté par le cinéma de fiction. L’équipe du film a suivi pendant 18 mois l’évolution des travaux de construction d’une centrale thermique à Yokosuka, au sud de Tôkyô. Un barrage abandonné par la marine sert à construire une digue sur la mer. Les travaux de remblai, la lutte contre le typhon, la démolition par dynamitage offrent des images particulièrement spectaculaires.
Les soldats au combat
(Tatakau heitai)
60’ / 1942 / 16mm / noir & blanc / sous-titres français
Réalisation Fumio Kamei
Production Nihon Eigasha
Ce film de Fumio Kamei, pacifiste intransigeant, illustre les difficultés rencontrées par les réalisateurs avec les autorités de la censure pendant la guerre. Il sera interdit par l’état major de l’armée de terre qui reproche au réalisateur d’avoir montré des soldats non pas « au combat » mais « fatigués ». Fumio Kamei sera arrêté quelques temps après.
Pays de neige
(Yukiguni)
39’ / 1939 / 16mm / noir & blanc / sous-titres français
Réalisation Tôkichi Ishimoto
Photographie Takio Hashimoto
Narration Yoshio Oyama
Production Geijutsueigasha
La vie paysanne dans les régions du Japon où l’enneigement abondant et persistant rend les travaux difficiles. Ce film culturel (bunka eiga) est resté l’une des plus célèbres réalisations de l’avant-guerre pour sa qualité documentaire et artistique.
Kobayashi Issa
(Kobayashi Issa)
27’ / 1941 / 16mm / noir & blanc / sous-titres français
Réalisation Fumio Kamei
Production Nippon Eigasha
Ce film culturel fait partie d’une série de courts métrages commandés à l’époque par le département de Nagano pour promouvoir le tourisme local. Entre chaque séquence où sont décrites les dures conditions de vie des paysans montagnards de la province de Shinano, Fumio Kamei insère des poèmes haikai du célèbre Kobayashi Issa (1763-1827), originaire de la région. Mais la vision pessimiste de la vie que donnait à voir le réalisateur inquiéta le Ministère de l’Education et le film ne put recevoir son agrément.
Histoire du village Magino : cadran solaire à unité de mille ans
(Magino monogatari-sennen kizami dokei)
322’ / 1982 / 16mm / couleur / sous-titres anglais
Réalisation Shinsuke Ogawa
Photographie Masaki Tamura
Musique Masahiro Togashi
Son Yukio Kubota, Nobuyuki Kikuchi
Narration Shinsuke Ogawa
Production Ogawa Productions
Distribution Athénée Français
Ce très long métrage est le fruit de 13 années de travail de l’équipe de Shinsuke Ogawa qui a partagé la vie des habitants de Magino, un village du Nord du Japon. Ogawa se met à cultiver le riz lui-même, participe à des travaux archéologiques, demande aux habitants de jouer en costume d’époque des scènes qui font revivre des événements marquants dans l’histoire du village (révoltes paysannes, procès locaux, grands travaux agricoles) et les légendes sur l’origine du village. Ogawa réussit, dans ce film à mi-chemin entre la fiction et le documentaire, à dilater le temps sur dix mille ans pour présenter l’histoire du village de Magino qui est celle de l’humanité même.
Histoire du village Magino : le col
(Magino monogatari - tôge)
43’ / 1977 / 16mm / noir & blanc / sous-titres français
Réalisation Shinsuke Ogawa
Photographie Yuji Okumura
Son Yukio Kubota
Production Ogawa Productions
Distribution Athénée Français
En 13 années, Ogawa réalisera 4 films sur l’histoire du village Magino. Il s’inspire ici d’un poète de la région de Yamagata, Jin Makabe, pour développer toute une symbolique sur le rôle déterminant qu’ont joué les cols dans l’histoire du Japon.