La Shôchiku

Histoire des grands studios japonais, 2e volet

Du mardi 9 septembre au samedi 4 octobre 2008


Dans les années 1920-1930, la Shôchiku fut la principale concurrente de la Nikkatsu. Très vite elle se spécialisa dans les drames et les comédies mettant en scène des citadins ordinaires (Shimazu, Shimizu, Naruse, Ozu). Plus ancrées dans les préoccupations sociales de son époque, ses productions prirent le pas sur la Nikkatsu attachée aux films historiques. Après la guerre, la Shôchiku s’enferma dans le genre mélodramatique qui devient sa marque de fabrique (Quel est ton nom ?), ce qui lui valut les critiques de la jeune génération (Oshima, Shinoda, Yoshida). Elle réussit néanmoins de grands projets artistiques (Kyôto). Dans les années 1970, elle résista au déclin grâce à son acteur vedette Kiyoshi Atsumi (la série Tora-san). La manne financière de Tora-san lui permit de se risquer dans des superproductions (Les derniers samouraïs, Le vase de sable). En produisant Violent Cop en 1989, la Shôchiku lance la carrière de Takeshi Kitano. Ce sera son dernier coup d’éclat.

Provenance des copies : Japan Foundation Film Library, Shôchiku, Carlotta Films

Photos © Shôchiku, © Wild Side Films, © Carlotta Films

Choeur de Tôkyô
東京の合唱
Un film de Yasujirô Ozu / 1931 / 90’ / N&B

Avec Tokihiko Okada, Emiko Yagumo, Hideo Sugawara, Tatsuo Saitô

Un employé d’une com­pa­gnie d’assu­ran­ces est licen­cié. Confronté à de gros pro­blè­mes finan­ciers, il est contraint de faire l’hom­me­sand­wich en secret pour payer les médi­ca­ments de sa fille malade. Avec en toile de fond la crise économique et sociale.

Coeur enchaîné
恋も忘れて
Un film de Hiroshi Shimizu 1937 / 73’ / N&B

Avec Michiko Kuwano, Shûji Sano, Mitsuko Mito

Port de Yokohama dans les années 30. Yuki a un fils, Haru, qu’elle élève seule. Elle sur­vit vaille que vaille comme hôtesse de bar. Elle décide un jour de mobi­li­ser ses col­lè­gues pour récla­mer une aug­men­ta­tion à son patron. Inquiet, celuici décide faire sur­veiller Yuki par son homme de main, Kyôsuke lequel, contre toute attente, se prend de sym­pa­thie pour la mère et l’enfant.

Contes cruels de la jeu­nesse
青春残酷物語
Un film de Nagisa Ôshima / 1960 / 96’ / Couleurs Scope
Avec Miyuki Kuwano, Yûsuke Kawazu, Yoshiko Kuga

Une jeune fille use de ses char­mes pour se faire rac­com­pa­gner chez elle par des qua­dra­gé­nai­res lors de sor­tie noc­tur­nes. Lorsqu’un soir l’un d’entre eux tente de la rame­ner de force à son hôtel, l’arri­vée de Kiyoshi, un étudiant délin­quant, lui per­met d’échapper au pire…

Contes des chry­san­thè­mes tar­difs
残菊物語
Un film de Kenji Mizoguchi / 1939 / 143’ / N&B
Avec Shôtarô Hanayagi, Kakuko Mori, Kôkichi Takada

Kikunosuke, jeune acteur de Kabuki popu­laire est amou­reux d’Otoku, la domes­ti­que de sa mai­son. Celle-ci est ren­voyée et Kikunosuke, en colère, part à Ôsaka où la chance lui est don­née de mon­ter sur les plan­ches d’une théâ­tre d’un acteur de renom : Tamizô. Mais à la mort de ce der­nier, Kikunosuke est contraint de rejoin­dre une troupe ambu­lante pour sur­vi­vre. Otoku, tou­jours à ses côtés l’encou­rage à sur­mon­ter les épreuves.

Courant chaud
暖流
Un film de Kôzaburô Yoshimura / 1939 / 124’ / N&B
Avec Shin Saburi, Mieko Takamine, Mitsuko Mito

Malade, Yasuhide confie la direc­tion de son hôpi­tal au jeune Yûzô qui redresse la situa­tion avec l’aide de Gin, une infir­mière en qui il a toute confiance. A la mort de Yasuhide, son fils Yasuhiko, et le doc­teur Sasajima, ten­tent de repren­dre à Yûzô le contrôle de l’hôpi­tal. Manoeuvres et pro­cès s’ensui­vent dont Yûzô sort vain­queur. Yûzô demande alors à Keiko, la soeur de Yasuhiko, de l’épouser, mais celle-ci refuse.

Fleur pâle
乾いた花
Un film de Masahiro Shinoda / 1964 / 96’ / N&B
Avec Ryô Ikebe, Mariko Kaga, Takashi Fujiki

Muraki, redou­ta­ble tueur, retourne dans son clan après trois ans de pri­son. Mais les temps ont changé : le code de l’hon­neur a fait place au sens des affai­res. Résigné, il se réfu­gie dans le jeu et fait la ren­contre de Saeko, une beauté étrange fas­ci­née par le monde inter­lope. Un cou­ple de flam­beurs est né, dont les auda­ces vont fas­ci­ner le Tôkyô noc­turne. Jusqu’au jour où Muraki est sommé par son par­rain de repren­dre du ser­vice...

Il était un père
父ありき
Un film de Yasujirô Ozu / 1942 / 87’ / N&B
Avec Chishû Ryû, Shûji Sano, Shin Saburi

Lors d’un voyage sco­laire, un pro­fes­seur voit l’un de ses élèves se noyer acci­den­tel­le­ment. Se sen­tant res­pon­sa­ble, il démis­sionne et envoie son fils en pen­sion en espé­rant qu’il réus­sira sa vie mieux que lui. Les années pas­sent, l’enfant gran­dit loin de son père…

Kyôto
古都
Un film de Noboru Nakamura / 1963 / 105’ / Couleurs Scope
Avec Shima Iwashita, Seiji Miyaguchi, Hiroyuki Nagato

Chieko et Naeko sont des jumel­les orphe­li­nes qui, dans leur enfance, ont été pla­cées dans des famil­les adop­ti­ves dif­fé­ren­tes. Devenues adul­tes, elles se ren­contrent par hasard dans Kyôto et com­pren­nent vite leur lien de parenté du fait de leur res­sem­blance. Mais Chieko et Naeko appar­tien­nent à des milieux sociaux très dif­fé­rents. Avec Shima Iwashita dans le rôle des deux soeurs. D’après le roman de Yasunari Kawabata..

La femme de la brume
朧夜の女
Un film de Heinosuke Gosho / 1936 / 112’ / N&B
Avec Toshiko Iizuka, Shin Tokudaiji, Chôko Iida

Bunkichi et sa femme, sans enfants, sont tein­tu­riers dans un quar­tier popu­laire de Tôkyô. La soeur de Bunkichi, Otoku, est veuve et n’attend plus de la vie qu’une brillante car­rière pour son fils Seiichi. Ce der­nier a une aven­ture avec une hôtesse de bar, ancienne maî­tresse de son oncle. Quand Bunkichi apprend qu’elle est enceinte de son neveu, il décide de sau­ver la situa­tion et l’ave­nir de Seiichi en décla­rant à sa femme qu’il est le père de l’enfant.

La rivière noire
黒い河
Un film de Masaki Kobayashi / 1957 / 115’ / N&B
Avec Hideko Takamine, Yumeji Tsukioka, Takahiro Tamura

Avec Tatsuya Nakadai, Ineko Arima, Isuzu Yamada Nishida, étudiant sans le sou, emmé­nage dans une misé­ra­ble pen­sion de famille près d’une base amé­ri­caine. Prostitution et mar­ché noir ryth­ment la vie du quar­tier où le yakuza Jo fait régner la ter­reur. Un jour, la pro­prié­taire décide de reven­dre son ter­rain à un inves­tis­seur pressé. Elle charge le ter­ri­ble Jo d’expul­ser ses loca­tai­res. Nishida refuse de par­tir, moins par soli­da­rité envers les autres pen­sion­nai­res que par défi envers Jo, car il veut lui repren­dre Shizuko, vio­lée et deve­nue esclave des sen­ti­ments ambi­gus du voyou.

La sai­son des mau­vai­ses fem­mes
悪女の季節
Un film de Minoru Shibuya / 1958 / 110’ / Couleurs Scope
Avec Isuzu Yamada, Mariko Okada, Eijirô Tôno

Une gei­sha de seconde zone se fait entre­te­nir par un riche octo­gé­naire, Tashiro, dont elle espère une mort pro­chaine pour héri­ter de lui. Mais le vieillard retrouve une seconde jeu­nesse au contact de la jeune femme. Impatiente de tou­cher le pac­tole, elle décide de se débar­ras­ser de son trop frin­gant par­te­naire avec l’aide d’un de ses anciens clients et de sa soeur, une pros­ti­tuée.

La ven­geance d’un acteur
雪之丞変化 総集編
Un film de Teinosuke Kinugasa / 1935 / 98’ / N&B
Avec Kazuo Hasegawa, Tokusaburô Arashi, Naoe Fushimi

Première adap­ta­tion ciné­ma­to­gra­phi­que du roman Yukinojô henge en 1935. Yukinojô, jeune et sédui­sant acteur de rôles fémi­nins au Kabuki, cher­che à ven­ger ses parents lâche­ment assas­si­nés. Avec le mons­tre sacré du cinéma japo­nais Kazuo Hasegawa, qui joue trois rôles dans ce film (Yukinojô, Yamitarô le voleur, et la mère).

Le samou­raï du cré­pus­cule
たそがれ清兵衛
Un film de Yôji Yamada / 2003 / 129’ / Couleurs Vista
Avec Hiroyuki Sanada, Rie Miyazawa, Min Tanaka

A l’aube de l’ère Meiji, Seibei Iguchi est un samou­raï de rang infé­rieur. Devenu veuf, il doit s’occu­per seul de ses deux fillet­tes, de sa mère malade, après de lour­des heu­res de tra­vail comme ges­tion­naire d’entre­pôt. Ses amis, qui le sur­nom­ment « Seibei le Crépuscule », lui conseillent de se rema­rier. Comme il est pau­vre, il devra se conten­ter de n’importe quelle femme. C’est alors que réap­pa­raît la belle Tomoe, son amour de jeu­nesse, qui s’est sépa­rée d’un mari bru­tal. Mais l’ex-mari les sur­prend et pro­vo­que en duel Seibei qui par­vient à le vain­cre. La rumeur de sa vic­toire se répand, et son clan le dési­gne alors pour mater un redou­ta­ble samou­raï rebelle…

Le sang séché
血は渇いてる
Un film de Kijû Yoshida / 1960 / 87’ / N&B Scope
Avec Keiji Sada, Mari Yoshimura, Shinichirô Mikami

Pour pro­tes­ter contre le plan de licen­cie­ment de son entre­prise, Kiguchi tente de se sui­ci­der. Largement relayée par la presse, la nou­velle de son sacri­fice, qui a échappé de peu à la mort, se répand dans tout le pays. Yuki, qui tra­vaille au ser­vice de com­mu­ni­ca­tion des assu­ran­ces Shôwa Seimei, a alors l’idée d’uti­li­ser le désor­mais célè­bre Kiguchi pour une cam­pa­gne publi­ci­taire…

Les der­niers samou­raïs
狼よ落日を斬れ
Un film de Kenji Misumi / 1974 / 159’ / Couleurs Scope
Avec Hideki Takahashi, Ken Ogata, Keiko Matsuzaka

Japon, vers 1860. Sugi, samou­raï déshé­rité par sa famille, a trouvé un nou­veau père en la per­sonne d’Ikémoto, un espion sho­gu­nal auprès duquel il a acquis la vertu et la force des arts mar­tiaux. Le men­tor veut tenir son jeune dis­ci­ple à l’écart des trou­bles poli­ti­ques qui déchi­rent le pays et aux­quels il est mêlé de par ses fonc­tions. Son ensei­gne­ment doit aider Sugi à vivre dans la nou­velle société qui va bien­tôt rem­pla­cer celle des samou­raïs. Mais Ikémoto est tué par les hom­mes des clans du Sud, enne­mis du Shôgun. Le sabre de Sugi va alors hési­ter entre la ven­geance meur­trière qui le mène­rait à sa perte et le renon­ce­ment à la vio­lence, pro­messe d’un ave­nir meilleur.

Le vase de sable
砂の器
Un film de Yoshitarô Nomura / 1974 / 143’ / Couleurs Scope
Avec Tanba Tetsurô, Gô Katô, Kensaku Morita

Au début des années 70, l’ins­pec­teur Imanishi enquête sur le meur­tre d’un homme dont on ignore l’iden­tité, avec pour seul indice un nom pro­noncé avec un fort accent du Nord : « Kaméda ». Est-ce le nom d’une per­sonne, ou celui d’un lieu ? Le tra­vail du poli­cier s’annonce telle une épreuve surhu­maine à la mesure de la vérité qu’il finira pas décou­vrir, incroya­ble et bou­le­ver­sante. D’après le roman de Seichô Matsumoto.

Le visage

Un film de Junji Sakamoto 2000 / 123’ / Couleurs Vista
Avec Naomi Fujiyama, Etsushi Toyokawa, Jun Kunimura

Masako est une jeune femme d’une tren­taine d’années ren­fer­mée et com­plexée phy­si­que­ment. Elle vit avec sa mère. Ses seu­les esca­pa­des sont men­ta­les. De temps à autres, les deux fem­mes reçoi­vent la visite de Yukari, la jeune et jolie soeur, hôtesse de bar dans la capi­tale. Cette der­nière a tou­jours eu honte du phy­si­que et du com­por­te­ment de sa soeur. Lors du décès de leur mère, les res­sen­ti­ments se font plus forts entre les deux soeurs, pour fina­le­ment éclater…

Tora-san : c’est dur d’être un homme
男はつらいよ
Un film de Yôji Yamada / 1969 / 91’ / Couleurs Scope
Avec Kiyoshi Atsumi, Chieko Baishô, Sachiko Mitsumoto

Tarajirô Kuruma, un vaga­bond excen­tri­que, retourne chez lui après bien long­temps car son père est mort lais­sant seule sa soeur Sakura. Celle-ci est deve­nue bien jolie aussi l’escorte-t-il à l’entre­vue avec la famille de son futur mari. Mais les mau­vai­ses maniè­res de Torajirô déplai­sent et les fian­çailles sont rom­pues. Honteux de son acte, Torajirô repart sur les rou­tes...pen­dant 47 épisodes. Tora-san est la plus lon­gue série de l’his­toire du cinéma. Elle ne s’arrê­tera qu’avec la mort de l’acteur vedette Kiyoshi Atsumi sur­ve­nue le 4 août 1996.

Tora-san : loin­tain pays natal
男はつらいよ 望郷編
Un film de Yôji Yamada / 1970 / 88’ / Couleurs Scope

Avec Kiyoshi Atsumi, Chieko Baishô, Aiko Nagayama

Troisième épisode de la série.

Tora-san : la fleur du sou­ve­nir
男はつらいよ 寅次郎忘れな草
Un film de de Yôji Yamada / 1973 / 99’ / Couleurs Scope

Avec Kiyoshi Atsumi, Chieko Baishô, Ruriko Asaoka

Neuvième épisode de la série.

Quel est ton nom ?
君の名は
Un film de Hideo Ôba / 1953-54 / 185’ / N&B
Avec Keiji Sada, Keiko Kishi, Chikage Awashima

Lors d’une nuit de bom­bar­de­ments amé­ri­cains, Haruki et Machiko se ren­contrent sur un pont à Tôkyô. Sans s’être pré­sen­tés, ils se quit­tent en jurant de se retrou­ver dans six mois au même endroit..

Vingt-qua­tre pru­nel­les
二十四の瞳
Un film de Keisuke Kinoshita / 1954 / 155’ / N&B
Avec Hideko Takamine, Yumeji Tsukioka, Takahiro Tamura

L’his­toire de la rela­tion entre une jeune ins­ti­tu­trice, Hisako, et ses douze élèves d’une petite île de la Mer inté­rieure, de 1928 à l’après-guerre, où elle retrouve alors les enfants de ses anciens élèves. D’après le roman de Sakae Tsuboi.

Yaé, notre petite voi­sine
隣の八重ちゃん
Un film de Yasujirô Shimazu / 1934 / 77’ / N&B
Avec Yûkichi Iwata, Chôko Iida, Yumeko Aizome

La vie quo­ti­dienne de deux famil­les voi­si­nes. Yaé et le fils du voi­sin, Keitarô, par­ta­gent une affec­tion inex­pri­ma­ble. Un jour, la soeur aînée de Yaé quitte son mari et retourne à la mai­son. Elle tente de séduire Keitarô…

Dates
Maison de la culture du Japon à Paris

Cinéma

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