Les films de Kenji Misumi

Les maîtres de l’âge d’or du cinéma de genre japonais

Du mardi 17 janvier au samedi 18 février 2012

LES FILMS DE KENJI MISUMI :


Le fan­tôme de Yotsuya
四谷怪談 (yot­suya kaidan)
1959 / 84’ / 35 mm / Décors : Seiichi Ôta / Photographie : Yukimasa Makita / Musique : Seiichi Suzuki / Avec Kazuo Hasegawa, Yasuko Nakata, Yôko Uraji, Mieko Kondô © <span class="caps">KADOKAWA</span> <span class="caps">PICTURES</span>
La jeune Oume est jalouse d’Oiwa, l’épouse d’Iemon dont elle est amou­reuse. Un jour, Oiwa meurt dans des cir­cons­tan­ces obs­cu­res. Son fan­tôme revient hanter les cou­pa­bles.
Misumi trans­forme en thril­ler psy­cho­lo­gi­que cette célè­bre pièce de Kabuki de Tsuruya Nanboku IV, main­tes fois por­tées à l’écran. À la dif­fé­rence des ver­sions clas­si­ques, Misumi choi­sit de pré­sen­ter un Iemon vic­time de ceux qui com­plo­tent d’assas­si­ner Oiwa pour rece­voir une récom­pense du père d’Oume. Il s’agit de la pre­mière appa­ri­tion de Kazuo Hasegawa dans un film de fan­tô­mes, genre consi­déré mineur à l’époque et dédai­gné par les stars.
MARDI 31 JANVIER 17H - MARDI 14 FÉVRIER 17H
La légende de Zatôichi, le mas­seur aveu­gle
座頭市物語 (zatôi­chi mono­ga­tari) 
1962 / 96’ / 35 mm / Décors : Akira Naitô / Photographie : Chikashi Makiura / Musique Akira Ifukube / Avec Shintarô Katsu, Masayo Banri, Shigeru Amachi, Eijirô Yanagi, Ryûzô Shimada © <span class="caps">KADOKAWA</span> <span class="caps">PICTURES</span>
1er épisode de la série. Un aveu­gle d’aspect pataud fait son irrup­tion dans un vil­lage. Nommé Ichi, il se fait vite connaî­tre pour ses talents de mas­seur et pour son habi­leté sur­na­tu­relle aux dés. Mais une autre répu­ta­tion l’a pré­cé­dé : en dépit de son han­di­cap, c’est un bret­teur hors pair. Et Sukegorô du clan yakuza Iioka entend bien s’atta­cher ses ser­vi­ces dans la guerre san­glante qui gronde contre son ennemi irré­duc­ti­ble, le clan Sasagawa.
SAMEDI 21 JANVIER 17H - MARDI 7 FÉVRIER 19H30
Tuer
斬る (kiru)
1962 / 71’ / 35 mm / Décors : Shôzô Honda / Photographie : Chikashi Makiura / Musique : Ichirô Saitô / Avec Raizô Ichikawa, Masayo Banri, Shiho Fujimura, Mayumi Nagisa, Junichirô Narita
Fils du vassal Takakura, le samou­raï Shingo a une répu­ta­tion de bret­teur invin­ci­ble qui lui attire les faveurs de son suze­rain. Un jaloux cher­che alors à désa­vouer Shingo en remet­tant en ques­tion ses ori­gi­nes. Mais il est accusé de dif­fa­ma­tion et, dans un accès de rage, blesse à mort Takakura. À l’agonie, ce der­nier avoue à Shingo qu’il n’est pas son vrai père et lui révèle les ori­gi­nes de sa nais­sance. Shingo devient alors un rônin (samou­raï vaga­bond) avant d’entrer au ser­vice de Matsudaïra, un conseiller proche du pou­voir. Mais la guerre civile immi­nente met en péril le régime sho­gu­nal.
Ce film marque le début de l’âge d’or à la Daiei du cham­bara (film de sabre) psy­cho­lo­gi­que et nihi­liste.
MARDI 31 JANVIER 19H30 - VENDREDI 3 FÉVRIER 17H
Le sabre
剣 (ken)
1964 / 98’ / 35mm / Décors : Akira Naitô / Photographie : Chikashi Makiura / Musique : Sei Ikeno / Avec Raizô Ichikawa, Yûsuke Kawazu, Akio Hasegawa, Yoshio Inaba © <span class="caps">KADOKAWA</span> <span class="caps">PICTURES</span>
Kokubu a été élu capi­taine du club de Kendô de son uni­ver­sité. Son objec­tif : rem­por­ter le pro­chain tour­noi. Sa métho­de : impo­ser à son corps une dis­ci­pline de fer et ne vivre que pour la vic­toire. Le cadet du club, Mibu, admire la vie spar­tiate de Kokubu et voit en lui un mentor. Mais le vété­ran Kagawa cri­ti­que l’intran­si­geance et l’idéa­lisme du capi­taine. Pour lui, le kendô peut s’accom­mo­der d’une vie sociale nor­male. Il affirme que l’ascèse de Kokubu est une impos­ture. Alors que le tour­noi appro­che, la riva­lité entre les deux hommes va tour­ner au drame.
Adaptation réus­sie du roman de Mishima, Le sabre est une des­crip­tion sombre et forte du conflit entre la spi­ri­tua­lité ancienne du kendô et le maté­ria­lisme du monde moderne qui l’a vidé de sa sub­stance.
MERCREDI 25 JANVIER 19H30 - JEUDI 2 FÉVRIER 17H
Sur la route à jamais
無宿者 (mushu­ku­mono)
1964 / 89’ / 35 mm / Décors : Akira Naitô / Photographie : Chikashi Makiura / Musique : Sei Ikeno / Avec Raizô Ichikawa, Eiko Taki, Mikiko Tsubouchi, Jun Fujimaki, Kenjirô Ishiyama © <span class="caps">KADOKAWA</span> <span class="caps">PICTURES</span>
Un yakuza errant à la recher­che du meur­trier de son père ren­contre par hasard un rônin en quête du sien dis­paru après avoir subi un déshon­neur.
Un film inédit de Misumi qui fait le por­trait tou­chant d’un héros œdi­pien lut­tant contre sa des­ti­née.
SAMEDI 4 FÉVRIER 14H30 - MERCREDI 15 FÉVRIER 19H30
Zatôichi : voyage meur­trier
座頭市血笑旅 (zatôi­chi kes­shô­tabi)
1964 / 87’ / 35mm / Décors : Akira Naitô / Photographie : Chikashi Makiura / Musique : Akira Ifukube / Avec Shintarô Katsu, Chizuru Takachiho, Nobuo Kaneko, Yoshi Katô © <span class="caps">KADOKAWA</span> <span class="caps">PICTURES</span>
6e épisode de la série. Zatôichi prend sous sa pro­tec­tion un nour­ris­son dont la mère a été tuée pour le rame­ner à son père.
Dans cet épisode, le plus culte de la saga, Misumi tra­vaille la forme jusqu’à l’abs­trac­tion pour trans­cen­der les conven­tions de la série.
VENDREDI 10 FÉVRIER 19H30 - JEUDI 16 FÉVRIER 17H
La lame dia­bo­li­que
剣鬼 (kenki)
1965 / 83’ / 16 mm / Décors : Shigenori Shimoishizaka / Photographie : Chikashi Makiura / Musique : Hajime Kaburagi / Avec Raizô Ichikawa, Gorô Mutsumi, Michiko Sugata, Rokkô Toura, Kei Satô
Hanpei est un petit vassal élevé par un père adop­tif. Depuis son enfance, la rumeur dit qu’il est le reje­ton d’un chien et d’une sui­vante du châ­teau. Jardinier de son état, c’est aussi un cou­reur pro­di­gieux capa­ble de rat­tra­per des che­vaux lancés au galop. Un jour, un grand vassal remar­que que Hanpei a également des talents de bret­teur hors pair. Il va en faire son homme de main pour éliminer les félons qui com­plo­tent de ren­ver­ser leur suze­rain atteint de folie. Devenu assas­sin de sang-froid « pour sauver son maître », Hanpei ira au bout de son destin.
Un film de sabre moderne de réfé­rence for­mant trip­ty­que avec Le sabre et Tuer. Raizô Ichikawa y incarne chaque fois la figure tra­gi­que du héros soli­taire.
VENDREDI 3 FÉVRIER 19H30 - JEUDI 9 FÉVRIER 17H
Le sabre hors-la-loi
眠狂四郎 無頼剣 (nemuri kyô­shirô burai­ken)
1966 / 79’ / 16 mm / Décors : Shigenori Shimoishizaka / Photographie : Chikashi Makiura / Musique : Akira Ifukube / Avec Raizô Ichikawa, Shigeru Amachi, Shiho Fujimura, Kentarô Kudô, Ryûzô Shimada

© <span class="caps">KADOKAWA</span> <span class="caps">PICTURES</span>
8e épisode de la série. Anti-héros de cette autre série phare des stu­dios Daiei répu­tée pour son roma­nes­que et sa noir­ceur, avec la star Raizô Ichikawa, Nemuri Kyôshirô est un samou­raï vaga­bond à la beauté andro­gyne, né du viol d’une jeune vierge par un mis­sion­naire por­tu­gais. Ses ori­gi­nes ina­voua­bles expli­quent l’ambi­guïté du per­son­na­ge : mi-jus­ti­cier, mi-tueur psy­cho­pa­the, il passe sa vie sur les routes à la recher­che de son géni­teur pour lui faire payer son crime.
Dans cet épisode, Kyôshirô est mêlé à une sombre affaire de cor­rup­tion. Une intri­gue com­plexe et riche en rebon­dis­se­ments comme les affec­tion­nait Daisuke Itô, scé­na­riste sur ce film. Kenji Misumi et Tokuzô Tanaka furent les meilleurs réa­li­sa­teurs de cette série qui compta 12 épisodes entre 1963 et 1969.
JEUDI 26 JANVIER 17H00 - VENDREDI 10 FÉVRIER 17H


La rivière des larmes
なみだ川 (nami­da­gawa)
1967 / 79’ / 35 mm / Décors : Akira Naitô / Photographie : Chikashi Makiura / Musique Taichirô Kosugi / Avec Shiho Fujimura, Kiku Wakayanagi, Toshiyuki Hosokawa, Kamatari Fujiwara, Rokkô Toura © <span class="caps">KADOKAWA</span> <span class="caps">PICTURES</span>
Un jour Otaka, la sœur cadette, reçoit une pro­po­si­tion de mariage d’un bon parti. Elle refuse, ne vou­lant pas se marier avant sa sœur aînée Oshizu, mais aussi à cause de son frère sans emploi fixe et vivant dans la débau­che, qui vient fré­quem­ment récla­mer de l’argent. Afin de convain­cre Otaka d’accep­ter la demande, Oshizu décide de faire croire à sa sœur qu’elle-même va se marier.
SAMEDI 4 FÉVRIER 19H30 - MERCREDI 15 FÉVRIER 17H
Baby Cart, l’enfant mas­sa­cre
子連れ狼 三途の川の乳母車 (kozure ôkami sanzu no kawa no uba­gu­ruma)
1972 / 81’ / 35 mm / Décors : Akira Naitô / Photographie : Chikashi Makiura / Musique : Hideaki Sakurai / Avec Tomisaburô Wakayama, Akihiro Tomikawa, Kayo Matsuo, Minoru Ôki, Shin Kishida © <span class="caps">TOHO</span> <span class="caps">CO</span>., <span class="caps">LTD</span>
2e épisode de la série. Devenu tueur à gages, Ittô Ogami est appro­ché par un fief que le sho­gu­nat veut placer sous son auto­rité directe, pré­tex­tant des trou­bles inté­rieurs. On lui expli­que que cette agi­ta­tion a été pro­vo­quée par des espions sho­gu­naux pour jus­ti­fier l’inter­ven­tion du pou­voir cen­tral attiré par la richesse du fief : une tein­ture spé­ciale au secret de fabri­ca­tion bien gardé. Pour 500 pièces d’or, Ogami doit retrou­ver et tuer l’arti­san tein­tu­rier, gar­dien du secret, que trois mer­ce­nai­res ont enlevé pour l’amener à Edo. Ce sont les san­gui­nai­res frères Ben, Ten et Rai. Lancé à la pour­suite du « trio infer­nal », le Loup à l’enfant devra se méfier en chemin des ter­ri­bles femmes ninjas aux ordres de la belle Saka, chef d’une bran­che cadette du clan Yagyû de Retsudô…
Mise en scène dyna­mi­que fidèle au rythme du manga, et sen­sua­lité font de cet épisode le plus appré­cié de la série.
SAMEDI 11 FÉVRIER 17H - SAMEDI 18 FÉVRIER 14H30

Bandes-annonces

Le sabre


La lame dia­bo­li­que - Kenji Misumi par MCJP_web

Zatôichi : Voyage meur­trier


Zatôichi : voyage meur­trier par MCJP_web

Informations pra­ti­ques
Tarif 4€ / Réduit 3€ /
*Séances en entrée libre
(dans la limite des places dis­po­ni­bles).
Petite salle (rez-de-chaus­sée) .
Films pré­sen­tés en VOSTF (ver­sion ori­gi­nale sous-titrée fran­çais)


Organisation
Fondation du Japon / Association pour la MCJP
avec le sou­tien de l’Amicale au Japon pour la MCJP
Provenance des copies :
The Japan Foundation Film Library, Wild Side Films
En par­te­na­riat avec

Maison de la culture du Japon à Paris

Cinéma