Mikio Naruse - Un géant du cinéma japonais

Du jeudi 20 septembre au jeudi 20 décembre 2001

Mikio Naruse

© TohoMikio Naruse est né à Tôkyô en 1905. A l’âge de quinze ans, il quitte l’école pour entrer dans les stu­dios de la com­pa­gnie Shôchiku comme acces­soi­riste. Six ans plus tard, il devient assis­tant-réa­li­sa­teur. Il réa­lise son pre­mier film en 1930, sous la super­vi­sion du cinéaste Heinosuke Gosho. Suivront quel­ques comé­dies puis des mélo­dra­mes inti­mis­tes (Après notre sépa­ra­tion, Rêves de cha­que nuit, Bon cou­rage lar­bin !, Toute la famille tra­vaille). Il passe dans les stu­dios de la Tôhô. Il est peu à l’aise durant les années de régime mili­taire et retrou­vera son ins­pi­ra­tion décu­plée après la guerre.

Il se spé­cia­lise dans les récits de famille, des­crip­tion de la vie quo­ti­dienne, à l’inté­rieur d’un genre le Shômin geki, dont Ozu sera aussi un des spé­cia­lis­tes. Passionné de lit­té­ra­ture, il est remar­qué pour ses adap­ta­tions à l’écran de gran­des œuvres lit­té­rai­res de Kawabata mais aussi de Hayashi Fumiko (Chronique de mon vaga­bon­dage), une des plus célè­bres roman­ciè­res popu­lai­res du Japon.

Naruse décrit, avec un cer­tain pes­si­misme, la désa­gré­ga­tion des rela­tions per­son­nel­les, entre enfants et parents et sur­tout au sein de cou­ples minés par les pres­sions de la société (Un cou­ple, Le fard de Ginza, Au gré du cou­rant). Négligeant, au contraire d’Ozu, d’affir­mer sa pro­pre signa­ture par des par­tis pris for­mels trop évidents, Naruse invente un art à la fois dis­cret et ter­ri­ble, d’une luci­dité impi­toya­ble.

Dans les années soixante, sa fil­mo­gra­phie prend un rela­tif tour­nant en s’atta­chant au des­tin des hôtes­ses de bar (Quand une femme monte l’esca­lier) ou à la mise en scène de per­son­na­ges au quo­ti­dien tra­gi­que et sans illu­sion (Tourments, Nuages épars).

Cette rétros­pec­tive est une reprise par­tielle de la pro­gram­ma­tion pré­sen­tée à la Cinémathèque Française l’hiver der­nier.

Films :

Bon cou­rage, lar­bin !
(Koshiben gan­bare)

28’ / 1931 / noir & blanc / 16mm
Avec Isamu Yamaguchi, Tomoko Naniwa, Seiichi Katô, Hideo Sugawara, Tokio Seki

Un agent d’assu­ran­ces doit à tout prix ven­dre une police à une mère de famille nom­breuse s’il veut pou­voir ache­ter le jouet que son fils lui réclame.

Toute la famille tra­vaille
© Toho(Koshiben gan­bare)

65 ’/ 1939 / noir & blanc / 16mm
Avec Musei Tokugawa, Fumiko Honma, Akira Ubukata, Kaoru Itô, Den Ohinata

Le fils aîné des Ishimura décide de quit­ter son tra­vail pour pour­sui­vre ses études, contre l’avis du père dont le salaire ne suf­fit pas à faire vivre toute la famille.

Hideko, rece­veuse d’auto­bus
© Toho(Hideko no sha­shô­san)

65’ / 1941 / noir & blanc / 35mm
Avec Hideko Takamine, Keita Fujiwara , Daijirô Natsukawa, Tamae Kiyokawa

Une jeune fille essaie de sau­ver une petite com­pa­gnie de trans­port mena­cée par la concur­rence.

Le fard de Ginza
(Ginza Keshô)

87’/ 1951 / noir & blanc / 16mm
Avec Avec Kinuyo Tanaka, Ranko Hanai, Yûji Hori, Kôko Kagawa

La vie d’une domes­ti­que dans le monde noc­turne et agité du quar­tier de Ginza.

Un cou­ple
© Toho(Fûfu)

87’ / 1953 / noir & blanc / 35mm
Avec Ken Uehara, Yôko Sugi, Kamatari Fujiwara, Hisako Takihana, Keijû Kobayashi

Un cou­ple est contraint par la pénu­rie de loge­ment à s’ins­tal­ler chez un col­lè­gue de bureau du mari.

Au gré du cou­rant
© Toho(Nagareru)

© Toho116’ / 1956 / noir & blanc / 35mm
Avec Kinuyo Tanaka, Isuzu Yamada, Hideko Takamine, Mariko Okada, Haruko Sugimura

Une veuve est pla­cée comme bonne dans une mai­son de gei­shas et cons­tate peu à peu le déclin de l’entre­prise.

Quand une femme monte l’esca­lier
(Onna ga kai­dan wo agaru toki)

110’ / 1960 / noir & blanc / 35mm
Avec Hideko Takamine, Masayuki Mori, Reiko Dan, Tatsuya Nakadai, Daisuke Katô

Keiko, hôtesse de bar qui doit nour­rir sa famille, croit avoir trouvé l’amour en la per­sonne d’un de ses clients.

Chronique de mon vaga­bon­dage
© Toho(Hôrôki)

123’ / 1962 / noir & blanc / 35mm
Avec Hideko Takamine, Kinuyo Tanaka, Masao Ada, Akira Takarada, Daisuke Katô

A Tôkyô, au début des années trente, Fumiko devient ser­veuse de bar à la suite du départ de sa mère, mais rêve d’écriture. Ses poè­mes sont bien­tôt remar­qués par un jeune écrivain.

Tourments
© Toho(Midareru)

97’ / 1964 / noir & blanc / 35mm
Avec Hideko Takamine, Yûzô Kayama, Mitsuko Kusabue, Yumi Shirakawa, Mie Hama

Une jeune veuve qui tient vaillam­ment le petit com­merce de ses beaux-parents se voit mena­cée par l’ouver­ture pro­chaine d’un super­mar­ché dans le quar­tier.

Nuages épars
© Toho(Midaregumo)

108’ / 1967 / cou­leurs / 35mm
Avec Yûzô Kayama, Yôko Tsukasa, Mitsuko Kusabue, Mitsuko Mori, Mie Hama

Rongé par le remords, un homme décide de ver­ser une pen­sion à le veuve de l’homme qu’il a tué acci­den­tel­le­ment, et tombe amou­reux d’elle.

Dates
Maison de la culture du Japon à Paris

Cinéma

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