Mikio Naruse est né à Tôkyô en 1905. A l’âge de quinze ans, il quitte l’école pour entrer dans les studios de la compagnie Shôchiku comme accessoiriste. Six ans plus tard, il devient assistant-réalisateur.
Il réalise son premier film en 1930, sous la supervision du cinéaste Heinosuke Gosho. Suivront quelques comédies puis des mélodrames intimistes (Après notre séparation, Rêves de chaque nuit, Bon courage larbin !, Toute la famille travaille). Il passe dans les studios de la Tôhô. Il est peu à l’aise durant les années de régime militaire et retrouvera son inspiration décuplée après la guerre.
Il se spécialise dans les récits de famille, description de la vie quotidienne, à l’intérieur d’un genre le Shômin geki, dont Ozu sera aussi un des spécialistes. Passionné de littérature, il est remarqué pour ses adaptations à l’écran de grandes œuvres littéraires de Kawabata mais aussi de Hayashi Fumiko (Chronique de mon vagabondage), une des plus célèbres romancières populaires du Japon.
Naruse décrit, avec un certain pessimisme, la désagrégation des relations personnelles, entre enfants et parents et surtout au sein de couples minés par les pressions de la société (Un couple, Le fard de Ginza, Au gré du courant). Négligeant, au contraire d’Ozu, d’affirmer sa propre signature par des partis pris formels trop évidents, Naruse invente un art à la fois discret et terrible, d’une lucidité impitoyable.
Dans les années soixante, sa filmographie prend un relatif tournant en s’attachant au destin des hôtesses de bar (Quand une femme monte l’escalier) ou à la mise en scène de personnages au quotidien tragique et sans illusion (Tourments, Nuages épars).
Cette rétrospective est une reprise partielle de la programmation présentée à la Cinémathèque Française l’hiver dernier.
Bon courage, larbin !
(Koshiben ganbare)
28’ / 1931 / noir & blanc / 16mm
Avec Isamu Yamaguchi, Tomoko Naniwa, Seiichi Katô, Hideo Sugawara, Tokio Seki
Un agent d’assurances doit à tout prix vendre une police à une mère de famille nombreuse s’il veut pouvoir acheter le jouet que son fils lui réclame.
Toute la famille travaille
(Koshiben ganbare)
65 ’/ 1939 / noir & blanc / 16mm
Avec Musei Tokugawa, Fumiko Honma, Akira Ubukata, Kaoru Itô, Den Ohinata
Le fils aîné des Ishimura décide de quitter son travail pour poursuivre ses études, contre l’avis du père dont le salaire ne suffit pas à faire vivre toute la famille.
Hideko, receveuse d’autobus
(Hideko no shashôsan)
65’ / 1941 / noir & blanc / 35mm
Avec Hideko Takamine, Keita Fujiwara , Daijirô Natsukawa, Tamae Kiyokawa
Une jeune fille essaie de sauver une petite compagnie de transport menacée par la concurrence.
Le fard de Ginza
(Ginza Keshô)
87’/ 1951 / noir & blanc / 16mm
Avec Avec Kinuyo Tanaka, Ranko Hanai, Yûji Hori, Kôko Kagawa
La vie d’une domestique dans le monde nocturne et agité du quartier de Ginza.
Un couple
(Fûfu)
87’ / 1953 / noir & blanc / 35mm
Avec Ken Uehara, Yôko Sugi, Kamatari Fujiwara, Hisako Takihana, Keijû Kobayashi
Un couple est contraint par la pénurie de logement à s’installer chez un collègue de bureau du mari.
Au gré du courant
(Nagareru)
116’ / 1956 / noir & blanc / 35mm
Avec Kinuyo Tanaka, Isuzu Yamada, Hideko Takamine, Mariko Okada, Haruko Sugimura
Une veuve est placée comme bonne dans une maison de geishas et constate peu à peu le déclin de l’entreprise.
Quand une femme monte l’escalier
(Onna ga kaidan wo agaru toki)
110’ / 1960 / noir & blanc / 35mm
Avec Hideko Takamine, Masayuki Mori, Reiko Dan, Tatsuya Nakadai, Daisuke Katô
Keiko, hôtesse de bar qui doit nourrir sa famille, croit avoir trouvé l’amour en la personne d’un de ses clients.
Chronique de mon vagabondage
(Hôrôki)
123’ / 1962 / noir & blanc / 35mm
Avec Hideko Takamine, Kinuyo Tanaka, Masao Ada, Akira Takarada, Daisuke Katô
A Tôkyô, au début des années trente, Fumiko devient serveuse de bar à la suite du départ de sa mère, mais rêve d’écriture. Ses poèmes sont bientôt remarqués par un jeune écrivain.
Tourments
(Midareru)
97’ / 1964 / noir & blanc / 35mm
Avec Hideko Takamine, Yûzô Kayama, Mitsuko Kusabue, Yumi Shirakawa, Mie Hama
Une jeune veuve qui tient vaillamment le petit commerce de ses beaux-parents se voit menacée par l’ouverture prochaine d’un supermarché dans le quartier.
Nuages épars
(Midaregumo)
108’ / 1967 / couleurs / 35mm
Avec Yûzô Kayama, Yôko Tsukasa, Mitsuko Kusabue, Mitsuko Mori, Mie Hama
Rongé par le remords, un homme décide de verser une pension à le veuve de l’homme qu’il a tué accidentellement, et tombe amoureux d’elle.