Rétrospective Kinji Fukasaku

Le maître du polar yakuza

Du mardi 5 février au jeudi 28 mars 2002


Le public parisien a déjà pu se familiariser avec Kinji Fukasaku grâce à l’Etrange Festival qui présentait l’automne dernier quelques-uns de ses films. La Maison de la culture du Japon à Paris propose à son tour 14 films, dont certains inédits en France, de ce réalisateur considéré comme un maître par Takeshi Kitano et Kiyoshi Kurosawa.

Kinji Fukasaku

Né en 1930, Kinji Fukasaku entre à la com­pa­gnie Tôei en 1953. Réalisateur mai­son, Fukasaku a tou­jours mon­tré en qua­rante ans de car­rière une capa­cité remar­qua­ble d’adap­ta­tion à tous les gen­res. Sa fil­mo­gra­phie monu­men­tale se confond avec l’his­toire même de sa com­pa­gnie : polars (Du rififi chez les truands / 1961) ins­pi­rés du film noir fran­çais des années 50, films de yakuza à la vio­lence exa­cer­bée, super­pro­duc­tions de films his­to­ri­ques (Le samu­raï et le shô­gun / 1978), de mélo­dra­mes et même de science-fic­tion (Les évadés de l’espace / 1978) font de Fukasaku un des réa­li­sa­teurs les plus éclectiques du cinéma japo­nais. Mais il reste sur­tout connu pour être le grand spé­cia­liste du film de yakuza dont il a bou­le­versé les règles, sans être tou­jours com­pris de la cri­ti­que. Fukasaku a cher­ché pour­tant, à tra­vers un trai­te­ment réa­liste épuré de l’esthé­tisme et de la théâ­tra­lité qui col­lait depuis tou­jours au genre « yakuza », à por­ter un regard cri­ti­que sur les bou­le­ver­se­ments sociaux et économiques qui ébranlèrent le Japon dans les années 50 et 60. Ce « bouillant » cinéaste de 71 ans conti­nue d’ailleurs de se vou­loir un témoin de son temps dans Battle Royale sorti en France en novem­bre der­nier après avoir rem­porté un énorme suc­cès au Japon.

Films :

Fukasaku raconté par Quentin Tarantino
(Kinji Fukasaku, Filmmaker)
30 mn / 2000 / N&B / Channel J et The Japan Foundation / VOSTF

Réalisation Yoshiki Fukagawa

De Combat sans code d’hon­neur à Battle Royale, l’essen­tiel de la fil­mo­gra­phie de Fukasaku pré­sen­tée et ana­ly­sée par Quentin Tarentino. Inédit en France.

Du rififi chez les truands
(Hakuchû no burai­kan)

1h22 / 1961 / N&B / Tôei / VOSTF
Scénario Kan Saji · Photographie Ichirô Hoshijima · Musique Kôichi Kawabe · _ Production Yoshifumu Oga
Avec Tetsuro Tanba · Naoko Kubo · Harumi Sone

Un gang de mal­fai­teurs fait main basse sur un pac­tole des­tiné à une base amé­ri­caine. Parmi eux, un yakuza, une pros­ti­tuée, mais aussi des étrangers dont un Coréen et un G.I. déser­teur. Au moment du par­tage, les gang­sters se retour­nent les uns contre les autres. Premier long métrage de Fukasaku, ins­piré direc­te­ment du Touchez pas au grisbi de Jacques Becker.

Le caïd de Yokohama
(Nihon bôryo­ku­dan kumi­chô)
1h35 / 1969 / cou­leurs / Tôei / VOSTF

Scénario Fumio Konami · Photographie Hanjirô Nakazawa · Musique Masanobu Higure · Production Kôji Shundo
Avec Kôji Tsuruta · Bunta Sugawara · Ryôhei Uchida

Un gang­ster fraî­che­ment sorti de pri­son essaye tant bien que mal d’inculquer à ses hom­mes le code d’hon­neur des yaku­zas. Mais alors qu’une guerre vio­lente éclate entre mal­frats de Tôkyô et d’Osaka, le ban­dit « valeu­reux » se décou­vre de nou­veaux enne­mis au cœur même de la vie poli­ti­que nip­ponne. C’est avec ce film que Fukasaku impose défi­ni­ti­ve­ment son style dans le film de genre « yakuza » : la vie des gangs, avec leur code de l’hon­neur, n’est plus magni­fiée, mais décrite comme un quo­ti­dien mono­tone et déri­soire.

Guerre des gangs à Okinawa
(Bakuto gai­jin butai)

1h33 / 1971 / Couleurs / Tôei / VOSTF
Scénario Fumio Konmai · Photographie Hanjirô Nakazawa · Musique Osamu Tanaka · Production Kôji Shundo
Avec Kôji Tsuruta · Noboru Andô · Tomisaburô Wakayama · Akiko Kudô

Après dix années pas­sées en pri­son, un truand revient dans sa ville natale, Yokohama. Mais tout a changé et la police s’est char­gée d’impo­ser la loi sur le milieu. Le mal­fai­teur décide de se ren­dre à Okinawa pour voir si « l’herbe y est plus verte » et déclare la guerre aux gangs locaux. Entièrement tourné en décor natu­rel, le film repré­sente une pre­mière pour la Tôei : elle quitte ses stu­dios et empiète sur un ter­ri­toire qui appar­te­nait encore à l’époque aux for­ces d’occu­pa­tion amé­ri­cai­nes.

Hommes, porcs et loups
(Ôkami to buta to nin­gen)
1h35 / 1964 / N&B / Tôei / VOSTF

Scénario Jun.ya Satô & Kinji Fukasaku · Photographie Hoshijima Ichirô · Musique Isao Tomita · Production Seiichi Yoshino
Avec Rentarô Mikuni · Sanae Nakahara · Ken Takakura · Kinya Kitaôji

Un truand soli­taire cher­che à recru­ter des hom­mes pour déva­li­ser un gang puis­sant et res­pecté. Le pre­mier film de yakuza de Fukasaku qui renou­velle les règles du genre en s’atta­chant à met­tre l’accent sur la liberté indi­vi­duelle plu­tôt que d’idéa­li­ser le fameux code d’hon­neur censé régir la vie des gangs.

Sous les dra­peaux, l’enfer
(Gunki hata­meku motoni), 1972

1h36 / 1972 / Couleurs et N&B / Tôei / VOSTF
Scénario Kaneto Shindô · Photographie Hiroshi Segawa · Musique Hikaru Hayashi · Production Seishi Matsumaru
Avec Sachiko Hidari · Tetsurô Tanba · Noboru Mitani

La veuve d’un offi­cier fusillé pour déser­tion s’élève contre le refus des auto­ri­tés de lui ver­ser une pen­sion. Menant sa pro­pre enquête auprès des anciens com­pa­gnons d’arme de son mari, elle finit par appren­dre l’effroya­ble vérité. Réflexion très crue sur la guerre, l’échec com­mer­cial au Japon de ce film pous­sera Fukasaku à reve­nir au polar « yakuza » en lan­çant sa célè­bre série Combat sans code d’hon­neur.

Le cime­tière de la morale
(Jingi no hakaba),
1h34 / 1975 / Couleurs / Tôei / VOSTF
Scénario Tatsuhiko Kamoi · Photographie Hanjirô Nakazawa · Musique Toshiaki Tsushima · Production Tatsu Yoshida
Avec Tetsuya Watari · Tatsuo Umemiya · Yumi Takigawa

Au len­de­main de la Seconde Guerre mon­diale, la déchéance d’un jeune yakuza en rébel­lion totale contre la société qui l’entoure et même contre les règles établies par ses supé­rieurs hié­rar­chi­ques. Voleur et bagar­reur, il ne cesse de pro­vo­quer les gangs adver­ses. La dro­gue finira par entraî­ner sa perte. Vision noire et déses­pé­rée du milieu des truands adap­tée du livre de sou­ve­nirs de l’ex-gang­ster devenu écrivain à suc­cès, Gorô Fujita.

Police contre syn­di­cat du crime
(Kenkei tai soshiki bôryoku)

1h41 / 1975 / Couleurs / Tôei / VOSTF
Scénario Kazuo Kasahara · Photographie Shigeru Akatsuka · Musique Toshiaki Tsushima · Production Gorô Nikkabe
Avec Bunta Sugawara · Tatsuo Umemiya · Hiroki Matsukata · Nobuo Kaneko

L’ami­tié entre un poli­cier et un truand est rui­née par une guerre de clans qui pro­vo­que l’inter­ven­tion d’une bri­gade anti-gang diri­gée elle-même par un ancien yakuza. Une des­crip­tion réa­liste de l’étrange sym­biose de la police et du syn­di­cat du crime.

La mai­son de gei­shas
(Omocha)

1h53 / 1999 / Couleurs / Tôei / VOSTA
Scénario Kaneto Shindo · Photographie Hanjirô Nakazawa · Musique Toshiaki Tsushima
Avec Mariko Okada · Yumiko Nogawa · Sumiko Fuji

Dans le Japon de l’après-guerre, le petit monde des gei­shas de Kyôto tente de résis­ter vaille que vaille à la loi anti-pros­ti­tu­tion et aux mou­ve­ments fémi­nis­tes qui les for­cent à renon­cer à leur condi­tion. Pour cette super­pro­duc­tion empreinte de malice, Fukasaku a fait appel à trois gran­des actri­ces sym­bo­les de la libé­ra­tion des mœurs expri­mée dans le cinéma japo­nais des années 60 : Sumiko Fuji (La pivoine rouge), Mariko Okada (Eros + mas­sa­cre) et Yumiko Nogawa (La bar­rière de la chair).

La mar­che de Kamata
(Kamata kôshin­kyoku)

1h49 / 1982 / Couleurs / Tôei / VOSTF Scénario Kôhei Tsuka · Photographie Kiyoshi Kitasaka · Musique Masato Kai · Production Kadokawa Haruki
Avec Mitsuru Hirata · Keiko Matsuzaka · Morio Kazama · Daijiro Harada

L’amour d’un cas­ca­deur pour une actrice qui tra­vaille dans les stu­dios Kamata de la célè­bre major Shôchiku. Sur fond d’his­toire roman­ti­que, Fukasaku rend hom­mage, avec cette comé­die, à la major Shôchiku où il avait tenté d’entrer en 1953 après ses études uni­ver­si­tai­res. Mais c’est à la Tôei nou­vel­le­ment créée (1951) qu’il accom­plira fina­le­ment toute sa car­rière.

Le samou­rai et le shô­gun
(Yagyû ichi­zoku no inbô)

2h10 / 1978 / Couleurs / Tôei / VOSTF Scénario Tatsuo Nogami & Kinji Fukasaku · Photographie Tôru Nakajima · Musique Toshiaki Tsushima · Production Norimichi Matsudaira
Avec Kinnosuke Yorozuya (Nakamura) · Shin.ichi Chiba · Toshirô Mifune · Etsuko Shihomi

Le puis­sant sei­gneur Yagyû est prêt à tous les sacri­fi­ces pour main­te­nir au pou­voir le shô­gun que l’on veut évincer pour rai­sons de santé ; même à faire assas­si­ner son pro­pre fils. Cette super-pro­duc­tion de jidai­geki avec les acteurs vedet­tes du genre Kinnosuke Nakamura et Toshirô Mifune, est réa­li­sée dans la plus pure tra­di­tion des stu­dios Tôei. C’est une adap­ta­tion au cinéma de la série télé­vi­sée Le com­plot de la famille Yagyû.

Tombe de yakuza et fleur de gar­dé­nia
(Yakuza no hakaba : kuchi­na­shi no hana)

1h36 / 1976 / Couleurs / Tôei / VOSTF
Scénario Kazuo Kasahara · Photographie Tôru Nakajima · Musique Toshiaki Tsushima · Production Norimichi Matsudaira
Avec Tetsuya Watari · Tatsuo Umemiya · Meiko Kaji · Hideo Murota

Un poli­cier réa­lise qu’il a plus d’affi­ni­tés avec les hom­mes du gang qu’il pour­chasse qu’avec ses supé­rieurs hié­rar­chi­ques dont il déteste l’hypo­cri­sie.

Yota le pour­fen­deur
(Gendai yakuza : hito­kiri Yota)

1h30 / 1972 / Couleurs / Tôei / VOSTF
Scénario Yasuhiro Ishimatsu · Photographie Hanjirô Nakazawa · Musique Toshiaki Tsushima · Production Tatsu Yoshida
Avec Mayumi Nagisa · Noboru Andô · Asao Koike · Bunta Sugawara

La veuve d’un offi­cier fusillé pour déser­tion s’élève contre le refus des auto­ri­tés de lui ver­ser une pen­sion. Menant sa pro­pre enquête auprès des anciens com­pa­gnons d’arme de son mari, elle finit par appren­dre l’effroya­ble vérité. Réflexion très crue sur la guerre, l’échec com­mer­cial au Japon de ce film pous­sera Fukasaku à reve­nir au polar « yakuza » en lan­çant sa célè­bre série Combat sans code d’hon­neur.

L’homme des pas­sions
(Kataku no hito)
2h13 / 1986 / Couleurs / Tôei / VOSTA Scénario Fumio Kan.ami · Photographie Daisaku Kimura · Musique Takayuki Inoue
Avec Ken Ogata · Ayumi Ishida · Mieko Harada · Yuko Matsuzaka · Fumi Dan

Dans les années 50, l’his­toire mou­ve­men­tée d’un écrivain dis­persé entre sa vie fami­liale, son tra­vail et ses ren­dez-vous avec les nom­breu­ses maî­tres­ses qu’il entre­tient. Une adap­ta­tion du roman feuille­ton de l’écrivain popu­laire Kazuo Dan paru en 1955 quel­ques mois avant sa mort dans lequel il révèle sa vie sen­ti­men­tale tumul­tueuse. Dans les années 80, Fukasaku s’atta­que au genre mélo­drame qu’il tourne en déri­sion dans ce film comme dans La mar­che de Kamata.

Dates
Maison de la culture du Japon à Paris

Cinéma

Code développé sous licence GPL pour: Blog-Mode.info, Victoria's secret, Zuhair Murad, ازياء لبنانية par Web Design, par le Scarabée