Yûzô Kawashima - Le vagabond de l’âge d’or du cinéma japonais

Du mercredi 10 au samedi 20 septembre 2003


Troisième volet de la série « les maîtres oubliés du cinéma japonais »

« J’ai d’abord été pre­mier assis­tant-réa­li­sa­teur de Yûzô Kawashima, puis nous avons passé des jours et des nuits à écrire ensem­ble des scé­na­rios. Incontestablement, j’ai été très influencé par lui (...). L’ensem­ble de ses films est carac­té­risé par le thème du gro­tes­que. Il y a aussi chez lui quel­que chose qui serait comme un cou­rant sous-jacent très pes­si­miste, très som­bre, sur la vie, même si cela n’appa­raît pas au pre­mier plan. Si j’étais influencé par Kawashima, c’est plu­tôt par ce qui appa­rais­sait au pre­mier plan : le côté gro­tes­que, drôle, amu­sant, et je ne crois pas du tout être aussi pes­si­miste que lui. »
Shôhei Imamura

Découvert tar­di­ve­ment en Europe, Yûzô Kawashima (1918-1963) appar­tient à cette géné­ra­tion de cinéas­tes de l’après-guerre qui mar­què­rent un tour­nant dans le sep­tième art japo­nais : en rup­ture avec les mélo­dra­mes popu­lai­res et les films his­to­ri­ques qui firent les beaux jours des majors (Shôchiku, Daiei, Tôhô) dans les années 50, Kawashima s’affirma avec des comé­dies sati­ri­ques et déso­pi­lan­tes dans la veine de Minoru Shibuya et Kon Ichikawa. Sa vision très per­son­nelle du cinéma, rétive à toute contrainte for­melle et ne souf­frant aucune cri­ti­que, laisse au final une œuvre essen­tielle bien qu’iné­gale pour com­pren­dre l’avè­ne­ment de la « nou­velle vague japo­naise » quel­ques années plus tard. Car la pein­ture des mœurs de l’après-guerre trai­tée de manière fri­vole et bur­les­que par Kawashima à tra­vers une faune cita­dine où évoluen des anti-héros - hôtes­ses de bar, pros­ti­tuées, jeu­nes cou­ples en errance, lais­sés-pour-compte d’une société qui panse ses plaies et arri­vis­tes de tout poil - fut fina­le­ment « quel­que chose d’assez grave, d’assez pro­fond, d’assez sérieux mal­gré les appa­ren­ces » (Imamura), pour que les auteurs de la nou­velle vague japo­naise la repren­nent à leur compte dans leur démar­che esthé­ti­que et poli­ti­que contre la volonté même des majors.

Films :

Chronique du soleil à la fin d’Edo
(Bakumatsu taiyô-den)
1h50 / 1957 / N&B / copie 35mm
Avec Yûya Uchida, Yumi Asao, Takeshi Kitano

Comédie / Scénario Yûzô Kawashima et Shôhei Imamura / Photographie Kuratarô Takamura / Musique Toshirô Mayuzumi / Assistant réa­li­sa­teur Shôhei Imamura / Production Nikkatsu

Avec Frankie Sakai, Sachiko Hidari,Yôko Minamida, Yûjirô Ishihara, Izumi Serikawa

Dans une mai­son close de Shinagawa où se retrou­vent mar­chands, arti­sans et samou­rais, un jeune homme qui ne peut pas régler ses det­tes est pris en otage par le patron des lieux. Une comé­die tru­cu­lente sur la vie d’Edo dans les der­niers jours du sho­gou­nat des Tokugawa. Le film le plus célè­bre de Kawashima.

Le para­dis de Suzaki
(Suzaki Paradaizu : aka shingô)

1h21 / 1956 / N&B / copie 16mm

Drame / Scénario Toshirô Ide & Nobuyoshi Terada / Photographie Kuratarô Takamura / Musique Riichirô Manabe / Production Nikkatsu

Avec Michiyo Aratama, Yukiko Todoroki, Seizaburô Kawazu,Tatsuya Mihashi, Shôichi Ozawa

Un jeune cou­ple décide de fuguer après que leur mariage eut été empê­ché. Ils errent dans Tôkyô à la recher­che d’un tra­vail et d’un toit. Ils finis­sent par élire domi­cile dans un bar de Suzaki, un quar­tier de pros­ti­tu­tion de Tôkyo.
Le film pré­féré de Kawashima.

La bête élégante
(Shitoyakana keda­mono)

1h36 / 1962 / cou­leur scope / copie 35mm

Comédie sati­ri­que / Scénario Kaneto Shindô / Photographie Nobuo Munekawa / Musique SeiIkeno / Production Daiei

Avec Ayako Wakao, Eiji Funakoshi, Yûko Hamada, Hideo Takamatsu, Eiji Funakoshi, Shôichi Ozawa

Dans le Japon de l’après-guerre, les four­be­ries d’un cou­ple et de ses enfants qui, pour jouir du bien-être du monde moderne, se livrent à des escro­que­ries en tout genre. Un des meilleurs films de Kawashima.

Le poids de l’amour
(Ai no o-nimotsu)

1h51 / 1955 / N&B / 35mm

Comédie sati­ri­que / Scénario Yûzô Kawashima et Tagusu Yanagizawa / Photographie Shigeyoshi Mine / Musique Toshirô Mayuzumi / Assistant réa­li­sa­teur Shôhei Imamura / pro­duc­tion Nikkatsu

Avec Sô Yamamura, Tatsuya Mihashi, Isuzu Yamada, Eijirô Tôno

Pour endi­guer la sur­po­pu­la­tion dans les années dif­fi­ci­les de l’après-guerre, un minis­tre de la santé pro­pose des mesu­res inci­ta­ti­ves pour limi­ter les nais­san­ces. Mais on décou­vre que le poli­ti­cien a des mœurs dis­so­lues et qu’il mul­ti­plie sa pro­gé­ni­ture.

Ginza
(Ginza nijûyon­chô)

1h57 / 1955 / N&B / copie 35mm

Scénario Tagusu Yanagizawa / Photographie Minoru Yokoyama / Musique Takio Jingi / Assistant réa­li­sa­teur Shôhei Imamura / Production Nikkatsu /
Avec Yumeji Tsukioka, Tatsuya Mihashi, Seitarô Kawazu, Mie Kitahara

Une chro­ni­que des mœurs de l’après-guerre à tra­vers la des­crip­tion de la vie noc­turne des bars du quar­tier de Ginza à Tôkyô, escale illu­soire d’une faune cita­dine en errance.

Les fem­mes nais­sent deux fois
(Onna wa nido uma­reru)

1h39 / 1961 / cou­leur scope / copie 16mm

Comédie dra­ma­ti­que / Scénario Yûzô Kawashima et Toshirô Ide / Photographie Hiroshi Murai / Production Daiei

Avec Ayako Wakao, Sô Yamamura, Jun Fujimaki, Frankie Sakai, Kyû Sazanka

Le por­trait d’une gei­sha des bas quar­tiers qui porte un regard sen­si­ble sur les chan­ge­ments de la condi­tion fémi­nine dans le Japon de l’après-guerre.

L’ombre des fleurs
(Kaei)

1h39 / 1961 / cou­leur scope / copie 35mm

Drame / Scénario Ryûzô Kikushima / Photographie Kôzô Okazaki / Musique Sei Ikeno / Production Tôkyô Eiga (Tôhô)

Avec Junko Takeuchi, Shûji Sano, Ryô Ikebe, Tadao Takashima

Une hôtesse de bar du quar­tier de Ginza, tra­hie par tous les hom­mes qu’elle a ren­contrés, veut en finir avec la vie. Elle se remé­more son exis­tence pitoya­ble avant de pas­ser à l’acte. D’après le roman de Shôhei Ôka.

Chambre à louer
(Kashima ari)

1h52 / 1959 / N&B scope / copie 35mm

Comédie sati­ri­que / Scénario Yûzô Kawashima et Giichi Fujimoto / Photographie Kôzô Okazaki / Musique Riichirô Manabe / Production Tôkyô Eiga (Tôhô)

Avec Frankie Sakai, Chikage Awashima, Nobuko Otowa, Chieko Naniwa

Dans une pen­sion de famille d’un quar­tier popu­laire vit une popu­la­tion hété­ro­clite faite de pros­ti­tuées, de jeu­nes à la dérive et d’autres lais­sés-pour-compte de la recons­truc­tion du Japon. D’après un roman de Masuji Ibuse.

Le tem­ple des oies sau­va­ges
(Gan no tera)

1h38 / 1962 / cou­leur scope / copie 16mm

Drame psy­cho­lo­gi­que / Scénario Yûzô Kawashima, Kazurô Funabashi, Tsutomu Mizukami / Photographie Hiroshi Murai / Musique Ikeno Sei / Production Daiei
Avec Ayako Wakao, Isao Kimura, Ganjirô Nakamura, Kuniichi Takami, Masao Mishima

Satoko, maî­tresse d’un célè­bre pein­tre réputé pour ses tableaux d’oies sau­va­ges va vivre après la mort de ce der­nier et selon ses volon­tés chez un bonze. Dans son tem­ple vit le fils d’un pay­san pau­vre que celui-ci a recueilli. D’étranges rap­ports s’établissent entre ces trois per­son­na­ges. Le bonze épris de Satoko plonge dans la débau­che tan­dis que celle-ci se sent atti­rée par le novice. D’après le roman de Tsutomu Mizukami (prix Naoki 1961).

Mon quar­tier
(Waga machi)
1h38 / 1956 / N&B / copie 35mm

Scénario Toshio Yasumi / Photographie Kutatarô Takamura / Musique Riichirô Manabe / Assistant réa­li­sa­teur Shôhei Imamura / Production Nikkatsu
Avec Ryûtaro Tatsumi, Yôko Minamida, Tatsuya Mihashi, Shôichi Ozawa, Shirô Osaka

Une chro­ni­que his­to­ri­que du petit peu­ple d’Ôsaka à tra­vers la vie d’une famille d’ouvriers entre la fin du XIXe siè­cle et les années 1930. Adaptation d’un roman de l’écrivain popu­laire et pro­gres­siste Sakunosuke Oda (1913-1947) dont la plu­part des œuvres ont été por­tées à l’écran.

Dates
Maison de la culture du Japon à Paris

Cinéma

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