Les films de Tai Katô

Les maîtres de l’âge d’or du cinéma de genre japonais

Du mardi 17 janvier au samedi 18 février 2012

Tai Katô Kenji Misumi (1921-1975) et Tai Katô (1916-1985) doi­vent à une reconnais­sance tar­dive voire pos­thume leur sta­tut de « maî­tre du cinéma de genre ». Par cette appel­la­tion, il faut enten­dre une apti­tude com­mune à ces réa­li­sa­teurs de stu­dios des années 1960 à pré­ser­ver la qua­lité héri­tée de leurs pres­ti­gieux aînés (Ozu, Mizoguchi, Kinugasa, Itô, Itami) dans un contexte de cinéma d’exploi­ta­tion de plus en plus contrai­gnant en rai­son de la crise de l’indus­trie du cinéma. Cette nou­velle série inau­gu­rée avec Misumi et Katô pré­sen­tera de nom­breux exem­ples de ce tra­vail de « maî­tre » – d’auteur der­rière le fai­seur – qui pour­rait se défi­nir ainsi : un met­teur en scène por­teur d’un mes­sage per­son­nel et inven­teur de for­mes dans le res­pect de la tra­di­tion et de la concep­tion du sep­tième art pro­pre à sa com­pa­gnie. (La Daiei pour Misumi et la Tôei pour Katô.)

LES FILMS DE TAI KATÔ :

Le spec­tre de Dame Iwa
怪談お岩の亡霊 (kai­dan oiwa no bôrei)
1961 / 94’ / 35 mm / Décors : Chôshirô Katsura / Photographie : Shin Furuya / Musique : Han Takahashi / Avec Tomisaburô Wakayama, Yoshiko Fujishiro, Hiroko Sakuramachi, Jûshirô Konoe © TOEI CO., LTD
Dans cette autre adap­ta­tion du Fantôme de Yotsuya, plus réa­liste que celle de Misumi, Tai Katô adopte un point de vue social. Il décrit Iemon comme un per­son­nage vio­lent et abject, rongé par l’ambi­tion.
MARDI 17 JANVIER 17H - MERCREDI 25 JANVIER 17H

Liens de sang
瞼の母 (mabuta no haha)
1962 / 83’ / 35 mm / Décors : Minoru Inano / Photographie : Makoto Tsuboi / Musique : Chûji Kinoshita / Avec Kinnosuke Nakamura, Michiyo Kogure, Hiroki Matsukata, Shizue Natsukawa, Hitomi Nakahara © TOEI CO., LTD
Un jeune yakuza sans feu ni lieu passe sa vie à recher­cher sa mère qui l’a aban­donné à sa nais­sance.
Film typi­que du mata­tabi-mono, sous-genre situé entre film de sabre et film de yaku­zas auquel peut être rat­ta­ché aussi Zatôichi. Les héros y sont des voyous au grand cœur condam­nés à l’errance et à la dérive sociale après avoir été ban­nis de leur clan. La ver­sion de Tai Katô fut un immense suc­cès popu­laire grâce au jeu expres­sif et com­mu­ni­ca­tif de la star mai­son Kinnosuke Nakamura.
SAMEDI 21 JANVIER 14H30 - MARDI 14 FÉVRIER 19H30

Chroniques guer­riè­res du clan Sanada
真田風雲録 (sanada fûun­roku)
1963 / 100’ / 35 mm / Décors : Norimichi Ikawa / Photographie : Osamu Furuya / Musique : Hikari Hayashi / Avec Kinnosuke Nakamura, Misako Watanabe, Jerry Fujio, Hitoshi Omae, Mickey Curtis © TOEI CO., LTD
Après la bataille de Sekigahara, un groupe d’enfants intré­pi­des se lie à un samou­raï, Sanada, qui part à l’assaut du châ­teau d’Ôsaka.
Une comé­die musi­cale à cos­tu­mes aty­pi­que mêlant com­bats de nin­jas, ana­chro­nis­mes lou­fo­ques et science-fic­tion. À tra­vers l’his­toire du clan Sanada qui, par oppor­tu­nisme, ne choi­sit jamais son camp au cours de ce conflit déci­sif, Tai Katô trans­pose dans le Japon guer­rier du 16e siè­cle les trou­bles poli­ti­ques de 1960, l’année où la jeune géné­ra­tion s’opposa vio­lem­ment à la reconduc­tion du traité de paix nippo-amé­ri­cain par le gou­ver­ne­ment.
JEUDI 19 JANVIER 19H30 - SAMEDI 18 FÉVRIER 19H30

Le ninja du vent
風の武士 (kaze no bushi)
1964 / 95’ / 16 mm / Décors : Motozô Kawashima / Photographie : Matsui Kô / Musique : Chûji Kinoshita / Avec Hashizô Ôkawa, Minoru Ôki, Hiroko Sakuramachi, Nahoko Kubo, Kôji Nanbara, Sanae Nakahara © TOEI CO., LTD
Un agent secret ninja est mis­sionné par le sho­gu­nat d’Edo pour infil­trer le fief vas­sal de Kishû. Il doit trou­ver et pro­té­ger la prin­cesse impé­riale qui y réside inco­gnito. Des fac­tions hos­ti­les aux Tokugawa sont également à sa recher­che pour pren­dre le contrôle de Kishû et légi­ti­mer leur action en son nom.
MARDI 17 JANVIER 19H30 - JEUDI 26 JANVIER 19H30

L’indomp­ta­ble d’Edo
車夫遊侠伝 喧嘩辰 (shafu yûkyô­den kenka tatsu)
1964 / 100’ / 35 mm / Décors : Norimichi Ikawa / Photographie : Kawasaki Shintarô / Musique : Han Takahashi / Avec Ryôhei Uchida, Meichô Soganoya, Jûshirô Konoe, Hiroko Sakuramachi, Chôichirô Kawarasaki, Junko Fuji © TOEI CO., LTD
Tôkyô, début du XXe siè­cle. Tatsugorô est conduc­teur de pousse-pousse de son état. Bagarreur et gouailleur, on l’appré­cie aussi pour son esprit che­va­le­res­que hérité de l’ancienne culture d’Edo. Après avoir ren­contré quel­ques ennuis avec la police, Tatsugorô décide de quit­ter la capi­tale pour se refaire à Ôsaka. Il y acquiert bien­tôt la répu­ta­tion de meilleur taxi de la ville, ce qui n’est pas du goût du gang local qui contrôle le mar­ché des pousse-pousse. La situa­tion se com­pli­que lorsqu’il tombe amou­reux de la gei­sha entre­te­nue par le chef du gang.
VENDREDI 20 JANVIER 19H30 - SAMEDI 4 FÉVRIER 17H

Contes cruels au pays du soleil cou­chant
幕末残酷物語 (baku­matsu zan­koku mono­ga­tari)
1964 / 99’ / 35 mm / Décors : Jirô Tomita / Photographie : Jûhei Suzuki / Musique : Hikaru Hayashi / Avec Hashizô Ôkawa, Ryôhei Uchida, Junko Fuji, Chôichirô Kawarasaki, Takeya Nakamura, Kô Nishimura.
Interdit aux moins de 12 ans. © TOEI CO., LTD
Bien que peu cou­ra­geux, un samou­raï en man­que de réus­site sociale décide de s’enrô­ler dans le Shinsengumi, le légen­daire corps franc patrio­ti­que et loya­liste de la fin du régime des Tokugawa. Il y décou­vre des condi­tions inhu­mai­nes.
Sous-genre à part entière du film his­to­ri­que, la pro­duc­tion nar­rant les exploits du Shinsengumi n’atti­rait plus la jeu­nesse las­sée de voir à l’écran des figu­res his­to­ri­ques sacra­li­sées. Katô en pro­pose ici une paro­die trai­tée avec humour noir et scè­nes gores. Ce film sorti un an après Contes cruels du Bushidô (de Tadashi Imai) confirme qu’une « nou­velle vague » s’est impo­sée au sein des stu­dios Tôei : les films de diver­tis­se­ment trai­tant de sujets his­to­ri­ques ont pris un sens net­te­ment poli­ti­que. De même, la ques­tion de l’homo­sexua­lité évoquée dans l’intri­gue ins­pi­rera quel­ques décen­nies plus tard le der­nier film de Nagisa Oshima, Tabou (1999).
MARDI 24 JANVIER 17H - SAMEDI 11 FÉVRIER 14H30

Le sang de la ven­geance
明治侠客伝 三代目襲名 (meiji kyô­ka­ku­den san­daime shû­mei)
1965 / 90’ / 35 mm / Décors : Norimichi Ikawa / Photographie : Washio Motoya / Musique : Shunsuke Kikuchi : Avec Kôji Tsuruta, Junko Fuji, Kanjûrô Arashi, Masahiko Tsugawa, Tetsurô Tamba © TOEI CO., LTD

À la fin du XIXe siè­cle, l’assas­si­nat d’un grand par­rain pro­vo­que une guerre de suc­ces­sion. Le nou­veau chef élu à la tête de l’orga­ni­sa­tion s’efforce d’atté­nuer les riva­li­tés entre « conser­va­teurs » et « moder­nis­tes ». Seule la voie du com­pro­mis assu­rera la sur­vie du clan dans la nou­velle ère qui s’annonce.
Monument du genre nin­kyô (yakuza che­va­le­res­que) et allé­go­rie du Japon moderne, ce film mar­que aussi la tran­si­tion réus­sie du film de sabre vers le film de yakuza aux stu­dios Tôei.
SAMEDI 21 JANVIER 19H30 - SAMEDI 11 FÉVRIER 19H30

Tokijirô, le loup soli­taire
沓掛時次郎 遊侠一匹 (kut­su­kake toki­jirô yûkyô ippiki)
1966 / 90’ / 35 mm / Décors : Norimichi Ikawa / Photographie : Shin Furuya / Musique : Ichirô Saitô / Avec Kinnosuke Nakamura, Junko Ikeuchi, Chiyonosuke Azuma, Kiyoshi Atsumi, Keiko Yumi, Kinnosuke Takamatsu © TOEI CO., LTD
Le yakuza Tokijirô se fait offrir l’hos­pi­ta­lité chez un chef de gang qui lui demande en retour – confor­mé­ment au code d’entraide chez les yaku­zas – de tuer un rival. Avant de mou­rir, ce der­nier lui confie sa femme et son jeune fils. Les sachant en dan­ger, Tokijirô décide de les pren­dre sous sa pro­tec­tion le temps de les rame­ner à leur vil­lage natal. Au cours du voyage, Tokijirô se retient d’éprouver des sen­ti­ments pour la veuve et son enfant.
Autre chef-d’œuvre avec Liens de sang et Sur la route à jamais du sous-genre mata­tabi-mono, qui fut la mar­que de fabri­que des stu­dios Tôei et Daiei dans les années 1960.
MERCREDI 18 JANVIER 19H30 - JEUDI 9 FÉVRIER 19H30

Délit de faciès
男の顔は履歴書 (otoko no kao wa rire­ki­sho)
1966 / 89’ / 35 mm / Décors : Chiyoo Umeda / Photographie : Tetsuo Takaha / Musique : Hajime Kaburagi / Avec Noboru Andô, Ichirô Nakatani, Jûzô Itami, Sanae Nakahara, Akemi Mari © SHOCHIKU CO., LTD
Japon, après la défaite 1945. Un Coréen blessé dans un acci­dent est trans­porté à l’hôpi­tal où tra­vaille le chi­rur­gien Amamiya. Celui-ci reconnaît Choi, impli­qué dans la mort de son frère Shunji pen­dant la guerre. La femme de Choi sup­plie Amamiya de le sau­ver.
Tai Katô a réa­lisé ce film pour les stu­dios Shôchiku, com­pa­gnie moderne tra­di­tion­nel­le­ment atta­chée aux auteurs. Film noir à la japo­naise dont le drame se déroule dans le chaos de l’après-guerre.
MERCREDI 18 JANVIER 17H - SAMEDI 18 FÉVRIER 17H

Requiem pour un mas­sa­cre
みな殺しの霊歌 (mina­go­ro­shi no reika)
1968 / 90’ / 35 mm / Décors : Kyôhei Morita / Photographie : Keiji Maruyama / Musique : Hajime Kaburagi / Avec Makoto Satô, Chieko Baishô, Kin Sugai, Sanae Nakahara, Yuki Kawamura, Ran Fan Ô. Interdit aux moins de 12 ans. © SHOCHIKU CO., LTD
Takako Yasuda, femme riche et oisive, est assas­si­née chez elle par un inconnu. Avant de la tuer, celui-ci l’a for­cée à noter le nom sur une feuille de papier de qua­tre fem­mes…
Autre film noir réa­lisé par Katô pour le compte des stu­dios Shôchiku.
JEUDI 19 JANVIER 17H - MARDI 7 FÉVRIER 17H

La pivoine rouge : le jeu des fleurs
緋牡丹博徒 花札勝負 (hibo­tan bakuto hana­fuda shôbu) 1969 / 98’ / 35 mm / Décors : Jirô Tomita / Photographie : Shin Furuya / Musique : Takeo Watanabe / Avec Junko Fuji, Ken Takakura, Kanjûrô Arashi, Ritsu Ishiyama, Tomisaburô Wakayama
© TOEI CO., LTD
3e épisode de la série. Alors qu’elle pour­suit son voyage ini­tia­ti­que dans le monde des yaku­zas, Oryû sauve d’une mort cer­taine une petite fille aveu­gle, Okimi, qui mar­chait sur une voie fer­rée. Elle décou­vrira plus tard que sa mère est une tri­cheuse redou­tée qui écume les mai­sons de jeux en usur­pant son iden­tité et que sa tête a été mise à prix par le milieu.
VENDREDI 20 JANVIER 17H - JEUDI 16 FÉVRIER 19H30

La pivoine rouge : le retour d’Oryû
緋牡丹博徒 お竜参上 (hibo­tan bakuto oryû sanjô) 1970 / 100’ / 35 mm / Décors : Norimichi Ikawa / Photographie : Shigeru Akatsuka / Musique : Ichirô Saitô / Avec Junko Fuji, Bunta Sugawara, Eiko Yamagishi, Akio Hasegawa, Kanjûrô Arashi © TOEI CO., LTD
6e épisode de la série. Depuis quel­ques années, Oryû est à la recher­che d’Okimi, la petite fille aveu­gle deve­nue depuis orphe­line. Elle finit par la retrou­ver dans le quar­tier des théâ­tres de Tôkyô où elle opère comme pick­po­cket pour le compte d’un gang. Oryû confie Okimi à un vieux chef yakuza res­pecté en qui elle a confiance. Mais ce der­nier est vic­time d’un com­plot ourdi par un clan rival.
MARDI 24 JANVIER 19H30 - JEUDI 2 FÉVRIER 19H30

Dates
  • mardi 17 janvier
  • Le spec­tre de Dame Iwa à 17h00
  • Le ninja du vent à 19h30
  • mercredi 18 janvier
  • Délit de faciès * à 17h00
  • Tokijirô, le loup soli­taire à 19h30
  • jeudi 19 janvier
  • Requiem pour un mas­sa­cre * à 17h00
  • Chroniques guer­riè­res du clan Sanada à 19h30
  • vendredi 20 janvier
  • La pivoine rouge : le jeu des fleurs à 17h00
  • L’indomp­ta­ble d’Edo à 19h30
  • samedi 21 janvier
  • Liens de sang à 14h30
  • La légende de Zatôichi à 17h00
  • Le sang de la ven­geance à 19h30

Informations pra­ti­ques

Tarif 4€ / Réduit 3€ /
*Séances en entrée libre
(dans la limite des pla­ces dis­po­ni­bles).
Petite salle (rez-de-chaus­sée) .
Films pré­sen­tés en VOSTF (ver­sion ori­gi­nale sous-titrée fran­çais)

Organisation
Fondation du Japon / Association pour la MCJP
avec le sou­tien de l’Amicale au Japon pour la MCJP

Provenance des copies :
The Japan Foundation Film Library, Wild Side Films

En par­te­na­riat avec

Maison de la culture du Japon à Paris

Cinéma

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