© Kumi Akasaka

Rire et effroi. Deux Trésors nationaux vivants interprètent des chefs-d’œuvre du répertoire classique : une pièce comique de kyôgen sur les fâcheuses conséquences de l’amour du saké ; un nô dans lequel une ogresse, incarnation du ressentiment des femmes, exprime son immense tristesse en entrant en fureur. A chacune des ces deux soirées, le kyôgen Le jeune marié dans un bateau précèdera le nô Adachigahara.
Le jeune marié dans un bateau
Durée : 35 min.
Un jeune homme va rendre sa première visite à son beau-père, emportant avec lui un tonneau de saké pour célébrer cet évènement. Afin de traverser une rivière qui croise sa route, il monte à bord d’une barque. A la vue du saké, le vieux batelier ne peut s’empêcher de demander à y goûter, prenant pour prétexte le froid mordant. Face au refus du jeune homme, il l’effraie en affirmant ne plus pouvoir contrôler son bateau tant ses mains sont gelées. Les deux hommes se mettent alors à boire sans modération. Mais de retour chez lui, le batelier découvre avec stupéfaction que le jeune homme n’est autre que son gendre…
Le théâtre nôgaku, terme qui désigne le nô et le kyôgen, a été inscrit en 2008 sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. « Même s’il fait partie du Patrimoine de l’Unesco, c’est un art toujours vivant qu’il ne faut pas muséifier. » Ces paroles sont celles de Man Nomura, qui interprète le rôle du batelier. Né en 1930, cet acteur de kyôgen de l’école Izumi à la carrière internationale est Trésor national vivant depuis 1997.
Man Nomura donnera une conférence le samedi 28 janvier à 16h30 à la MCJP
Adachigahara
Durée : 60 min.
Un groupe d’ascètes yamabushi effectue un pèlerinage dans plusieurs provinces. Le soir tombe alors qu’ils arrivent à Adachigahara. Dans cet endroit éloigné de tout, la seule habitation est la masure d’une vieille femme. Honteuse de l’état misérable de sa demeure, cette dernière accepte à contrecœur de les héberger pour la nuit. Elle s’en va chercher du bois après leur avoir défendu d’entrer dans sa chambre. Mais sa curiosité étant trop forte, un des bonzes enfreint sa promesse et découvre avec horreur un amas de squelettes humains. La femme semble être l’ogresse de Kurozuka. Les yamabushi effrayés s’apprêtent à fuir mais la vieille surgit, métamorphosée en démon. Grâce à leurs prières, les bonzes parviennent à calmer la terrible colère de l’ogresse qui disparaît dans la nuit orageuse.
Kan Hôshô, Trésor national vivant depuis 1994, est acteur waki de l’école Hôshô. Premier à entrer sur scène, le waki est l’acteur qui entraîne et accompagne jusqu’au dénouement de la pièce le spectateur dans un voyage dans le passé, vers un monde médiéval d’où apparaîtra un esprit. Il « supporte, pardonne, console ». Un rôle essentiel qu’assure Kan Hôshô depuis plus de soixante ans.