Depuis plusieurs années, le danseur et chorégraphe Conan Amok développe une technique de danse qui est aussi une philosophie corporelle : le «Multi Layered Body». Il pousse à l’extrême cette philosophie dans ce solo qu’il a présenté l’an dernier au studio de la compagnie Dairakudakan, sous la supervision d’Akaji Maro. Le corps n’est pas considéré comme un sujet ou un symbole, mais comme le lieu de phénomènes où surgissent simultanément des impulsions, la mémoire et la conscience. L'« animal » du titre de cette pièce désigne le retour à un état physique anonyme et incontrôlable, antérieur au langage, au raisonnement et à l’identité sociale. Ce qui apparaît dans la violence des mouvements est « un corps en tant que phénomène » dans lequel se répète le cycle création/destruction.
Ce solo est un drame qui fait vaciller la perception des spectateurs, qui questionne la frontière entre l’humain et l’animal, le conscient et l’inconscient, et qui engendre tension et danger.
© Milla