Maxime Kurvers avait présenté 4 questions à Yoshi Oida à la MCJP en 2024. Dans Okina, sa réflexion se porte sur l’interdiction faite aux femmes de jouer cette pièce de nô. 


Samedi 26 septembre, rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation.



Le metteur en scène Maxime Kurvers poursuit son travail d’anthropologie théâtrale en confrontant l’actrice Yuri Itabashi à l’interdiction qui lui est faite par la tradition d’interpréter Okina, pièce et rituel du théâtre nô. Ou comment, par l’imagination, embrasser ce qui lui est refusé.
Au fil d’un travail au long cours sur l’histoire du théâtre, Maxime Kurvers s’est intéressé à la tradition nô, théâtre dansé japonais resté fidèle à des codes formalisés au 15ᵉ siècle. Dans ce répertoire, Okina se distingue par son histoire et ses modes de représentation. Relevant de la cérémonie bouddhique, la pièce se structure autour de trois danses sacrées et – en raison de son caractère religieux – est strictement prise en charge par des hommes. Les femmes n’ont pas le droit de la représenter. Dans une double logique de contournement et de réparation, le metteur en scène confie à Yuri Itabashi, actrice issue du théâtre contemporain japonais, le soin de dépasser cette impossibilité culturelle d’incarner la pièce. Les chemins qu’elle emprunte – la parole et la danse – passent par la réminiscence d’un théâtre agraire antérieur au nô et l’examen d’une réalité contemporaine qui perpétue les interdits à l’endroit des femmes. Un geste d’empouvoirement d’une actrice à qui plus rien n’est impossible. 


Vincent Théval pour le Festival d'Automne à Paris, 2024




© Patrick Berger 


© Yves Bittar


Extraits vidéo  



Conception et mise en scène : Maxime Kurvers
Avec Yuri Itabashi




Production : MDCCCLXXI

Coproduction : Cndc – Angers, Théâtre Garonne, scène européenne – Toulouse, Festival d’Automne à Paris, Kinosaki International Arts Center

Avec le soutien en résidence de création de l’Atelier de Paris, centre de développement chorégraphique national, de la Ménagerie de verre dans le cadre du dispositif StudioLab, de La vie brève – Théâtre de l’Aquarium et du Cndc – Angers dans le cadre des Accueil Studio


Projet soutenu par la Drac Île-de-France – ministère de la Culture, la Région Île-de-France dans le cadre de l’aide à la création dans le domaine du spectacle vivant






Photo : Yves Bittar