L’artiste contemporain Hiroshi Sugimoto nous propose un retour dans l’ère prémoderne du Japon avec Noh Climax, film qu’il a réalisé dans le cadre du projet «STAGE BEYOND BORDERS» de la Fondation du Japon. Pour cette séance spéciale organisée à l’occasion de son exposition à l’Institut Giacometti, découvrez sept de ses courts métrages, en présence de l’artiste.


Noh Climax Series
"Noh Climax - Okina", "Noh Climax - Takasago", "Noh Climax Tadanori", "Noh Climax - Ebira","Noh Climax - Yo Kihi ","Noh Climax - Kayoi Komachi", "Noh Climax - Mochizuki" (60' VOSTF)  
Production Hiroshi SUGIMOTO and The Japan Foundation
En collaboration avec Odawara Art Foundation et Himeji City Museum of Art


Note d'intention de Hiroshi SUGIMOTO, directeur de la série Noh Climax 

Comme d’autres, je rêve parfois de vivre à une époque prémoderne. Une époque éclairée par la seule lumière naturelle, dans laquelle le lien avec la nature était une communion. L’électricité a été un grand bouleversement pour les arts de la scène et a changé profondément l’esprit originel de ses arts. Grâce à ses films, je souhaite raviver cet esprit. 

Autrefois, le nô était présenté en cycle de 5 pièces. Alors que le soleil se levait, un ancien rituel shintô appelé Okina ouvrait la représentation de nô. Le spectacle commençait alors, baigné par la lumière de l’aube pour finir nimbée de la lueur déclinante du crépuscule. 

Les cinq pièces qui composent le cycle sont chacune caractérisées par un personnage. Dieu, homme, femme, folie et démon forment cette succession de caractères qui créé au fil du spectacle une puissante dramaturgie. C’est aussi une manière de représenter la nature humaine dans sa complexité. 

A l’aube, les dieux entrent en scène. Le destin des hommes et des femmes s’entremêlent. La folie s’installe. Lorsque le soir commence à venir, les démons se rapprochent. Puis vient la fin de la représentation. 

Rentrons ensemble dans une rêverie. Nous partons vers un autre temps, celui de l’époque Muromachi ou Momoyama. Le château d’Himeji et le temple Engyo-ji se dressent devant nous tels qu’ils étaient alors. Nous trouvons les masques de no de cette époque. Ici, ceux des jeunes femmes, manbi et ko-omote, celui du fantôme d'un vieil homme émacié, yase-otoko. Là, ceux du guerrier, heita, du jeune dieu, shintai, et du dieu âgé à la barbe, hakushiki-jo. Et puis le masque du jeune aristocrate, chujo. 

Quelle chance nous avons de pouvoir donner une représentation de nô avec des masques de cette époque ! Tout sera comme autrefois, tout sera animé par l’esprit d’autrefois, les voix des personnages résonneront comme autrefois… Un beau voyage dans le temps… 

© SUGIMOTO Hiroshi and The Japan Foundation All Rights Reserved



Hiroshi Sugimoto

Né en 1948 à Tokyo, il s'est installé aux États-Unis en 1970 et vit à New York depuis 1974. Il s'est imposé sur la scène artistique internationale dans un large éventail de domaines, notamment la photographie, l'architecture, l'architecture paysagère, la sculpture, l'écriture, les arts du spectacle, la calligraphie, la céramique. L'art de Sugimoto s'intéresse au passage du temps et au caractère éphémère de l'existence. Il a la volonté de de combler le fossé conceptuel entre l'Occident et l'Orient en explorant des thèmes tels que la nature du temps, la perception humaine et les origines de la conscience. Ses œuvres font partie des collections de certains des plus grands musées du monde, dont le Metropolitan Museum of Art (New York) et le Centre Georges Pompidou (Paris). Ses œuvres les plus connues comprennent les séries Seascapes, Theatre et Architecture.

PHOTO © MASATOMO MORIYAMA