PRINTEMPS PRÉCOCE
Interprètes: Chikage AWASHIMA, Takako FUJINO, Ryo IKEBE, Keiko KISHI, Daisuke KATO, Chishu RYU
Année: 1956 | Durée: 144min | Genre: Drame intimiste | VOSTF
Hors compétition

• Mardi 5 décembre - 14h

Synopsis

Shoji, jeune employé d’une grande compagnie, passe la plupart de son temps au travail ou dans les bars alentour. Il démarre une aventure avec une jeune et jolie collègue, mais les soupçons de son épouse et les rumeurs des autres collègues se font bientôt persistants...


Ce drame intimiste, empreint de cynisme, marque une forme de rupture avec la tradition et la question essentielle du mariage. Printemps précoce s’inscrit dans la lignée du Goût du riz au thé vert à travers sa peinture de la monotonie au sein du couple. Toutefois, la problématique sociale y est davantage développée avec la question des relations professionnelles et des codes de conduite entre collègues. L’attention aux rituels anodins du quotidien permet au cinéaste de comprendre les difficultés de la vie à deux en relation avec les pressions de la culture d’entreprise.


Yasujiro Ozu

Avec ses 54 films tournés entre 1927 et 1962, l’œuvre du Japonais Yasujiro Ozu (1903-1963) compte parmi l’une des plus importantes du XXe siècle – aussi bien qualitativement que quantitativement. Bien que découverts assez tardivement en France – Voyage à Tokyo a été son premier long-métrage projeté en France en 1978 –, ses films sont devenus des classiques instantanés, se transmettant de génération en génération avec la même ferveur et une émotion sans cesse renouvelée. Les films de Yasujiro Ozu témoignent d’une carrière magnifique dans laquelle les drames et tracas du quotidien japonais font office de paraboles universelles. Avec son regard si singulier, à la fois proche et distancié, le cinéaste invite le spectateur à occuper une place dans le récit, à se joindre à ces histoires de famille qui trouvent une résonance en chacun de nous. Car le génie d’Ozu consiste à montrer les choses de la vie – le temps qui passe, les familles qui se disloquent, l’occidentalisation du Japon – à travers une mise en scène aussi sophistiquée qu’épurée – sa façon de filmer « au ras du tatami » et ses plans fixes sont devenus sa marque de fabrique.


Wim Wenders : « Je vous parle des plus beaux films du monde. Je vous parle de ce que je considère comme le paradis perdu du cinéma. À ceux qui le connaissent déjà, aux autres, fortunés, qui vont encore le découvrir, je vous parle du cinéaste Yasujiro Ozu. Si notre siècle donnait encore sa place au sacré, s’il devait s’élever un sanctuaire du cinéma, j’y mettrais pour ma part l’œuvre du metteur en scène japonais Yasujiro Ozu... Les films d’Ozu parlent du long déclin de la famille japonaise, et par là même, du déclin d’une identité nationale. Ils le font, sans dénoncer ni mépriser le progrès et l’apparition de la culture occidentale ou américaine, mais plutôt en déplorant avec une nostalgie distanciée la perte qui a eu lieu simultanément. Aussi japonais soient-ils, ces films peuvent prétendre à une compréhension universelle. Vous pouvez y reconnaître toutes les familles de tous les pays du monde ainsi que vos propres parents, vos frères et sœurs et vous-même. Pour moi le cinéma ne fut jamais auparavant et plus jamais depuis si proche de sa propre essence, de sa beauté ultime et de sa détermination même : de donner une image utile et vraie du 20e siècle. »


Abbas Kiarostami : « Le cinéma de Yasujiro Ozu est un cinéma bienveillant. Dans tous ses films, il accorde de l’importance aux interactions, aux relations vraies, à l’homme vrai. Ses plans d’ensemble sont éternels et respectueux. »