Sorobanzuku
1986/109’/BD/Comédie avec le duo Tunnels, Narumi Yasuda, Kaoru Kobayashi, Yuko Natori

Dans cette parodie d’espionnage industriel qualifiée de comédie la plus décalée du cinéma japonais, les comiques Tunnels sont deux salariés d’une agence de publicité luttant contre un concurrent déloyal.


En présence de Kazuko Misawa et Utamaru (le 6 avril)


Samedi 6 avril 13h00 :  En présence de Kazuko Misawa et Utamaru 
Vendredi 7 juin 19h30

Commentaire d'Utamaru 

Morita a acquis le statut de « grand maître » grâce à Sorekara/Ensuite, son film précédent. Cette ascension fulgurante n’a jamais été du goût de l’intéressé. Comme pour la contredire, il s’attelle alors à une comédie déchaînée, absurde au plus haut point, destructrice. Ce genre de volte-face est un des aspects intéressants de la filmographie du réalisateur. Tunnels est un duo de comiques qui a émergé avec son style punk, encore influent dans le monde de la télévision (Noritake Kinashi et Narumi Yasuda se sont mariés après ce film, et Ishibashi Takaaki est connu pour ses apparitions ultérieures dans Major League 2 et 3). Cependant, Morita a interdit les improvisations dont le duo avaient le secret et a veillé à ce que cette comédie soit cuisinée « à la Morita ». Elle est plus ou moins inspirée de la série des Présidents/shacho shirizu (qui décrit le monde des employés de bureau japonais, ou "salarymen"), très populaire dans les années 1960. La présence au casting de Keiju Kobayashi et Norihei Miki est en fait un hommage à cette série. D'autre part, la grande agence de publicité où se déroule le film, et Fuji Television qui l'a produit, symbolisent l'euphorie économique du Japon (période dite de la bulle spéculative) de la fin des années 1980, tandis que l’étrange tension qui traverse le film reflète fidèlement l'ambiance de la société de l’époque. A noter aussi le jeu décalé des actrices Kaoru Kobayashi et Yuko Natori, plutôt habituées aux rôles sérieux. Sorobanzuku est sorti en double programme avec le très émancipé Onyanko The Movie : One Shot Crisis !, un Idol film de Masato Harada. La radicalité esthétique de Sorobanzuku a déconcerté le public de l’époque.