TOKYO-GA
Interprètes: Chishu Ryu, Werner Herzog, Yuharu Atsuta, Chris Marker
Année: 1983 | Durée: 92min | Genre: Documentaire | VOSTF
Hors compétition 

• Mardi 12 décembre - 17h

Synopsis

Printemps 1983. Vingt ans après la mort de Yasujiro Ozu, Wim Wenders se rend à Tokyo sur les traces de celui qu'il définit comme un trésor sacré du cinéma et dont l'œuvre empreinte d'humilité est un témoignage précieux, sur une quarantaine d'années, de la transformation du Japon et de la lente détérioration des liens familiaux. En entreprenant ce périple, Wenders espère retrouver des images et des visages devenus familiers à travers ces films qu'il a tant aimés. Des extraits de Voyage à Tokyo ouvrent puis ferment son itinérance nostalgique sur son rapport sublimé à la capitale. Sur son chemin, il rencontre Chishu Ryu, l'acteur fétiche d'Ozu avec qui il se recueille sur sa tombe et Yuharu Atsuta, fidèle caméraman puis directeur de la photo sur plus de trente ans, qui évoque ses méthodes de travail pour composer ses cadres. Il croise aussi son compatriote Werner Herzog dans la Tour de Tokyo et Chris Marker dans le bar La Jetée. Une balade riche en émotions par le réalisateur de l'errance.


Wim Wenders

Né en 1945 à Düsseldorf, Wim Wenders est un des auteurs les plus célébrés de sa génération, reconnu comme un des artisans du renouveau du cinéma allemand dans les années 1970. Il a été plusieurs fois primé à Cannes : Palme d'or pour Paris, Texas (1984), Prix de la mise en scène pour Les Ailes du désir (1987) et Grand prix du jury pour Si loin, si proche ! (1993). En 2022, l'Association japonaise des arts lui a décerné son "prix Nobel des arts".


Pour sa performance d’agent d’entretien de toilettes publiques à Tokyo dans le poétique et mélancolique Perfect Days que nous présentons en ouverture de notre édition 2023, Koji Yakusho a remporté le Prix d'interprétation masculine sur la Croisette. Wim Wenders vient de recevoir le prestigieux Prix Lumière lors de la 15e édition du Festival Lumière à Lyon.


Ce grand amoureux de musique pop, rock, jazz et blues – comme il le prouve encore dans Perfect Days – passe régulièrement de la fiction au documentaire, de Nick's Movie sur les derniers mois de vie du réalisateur américain Nicholas Ray à Anselm (Le Bruit du temps) sur l'architecte Anselm Kiefer sorti en octobre, en passant par ses films sur les musiciens cubains du Buena Vista Social Club, la chorégraphe Pina Bausch (Pina) ou le photographe Sebastião Salgado dans Le Sel de la terre, co-réalisé avec Juliano Ribeiro Salgado.


Navigant régulièrement entre les continents européen et américain pour ses films, ce grand cinéphile et peintre de l’errance et de l’ennui est aussi très lié au Japon, notamment à Yasujiro Ozu dont il a découvert l'œuvre au Lincoln Plaza à New York, aux débuts des années 1970.


Il a pu prouver cette affection avec Tokyo-ga (1983), merveilleux essai documentaire réalisé en hommage au maître japonais, ainsi qu’ en dirigeant Chishu Ryu et Kuniko Miyake, deux de ses acteurs fétiches, dans les quelques scènes se déroulant au Japon dans son film de science-fiction Jusqu'au bout du monde (1991).


Il a aussi accompagné à Cannes Classics cette année la projection de deux de ses films restaurés par Carlotta : Les Soeurs Munakata que nous vous présentons également dans le cadre de notre hommage à Ozu le 12 décembre – date de sa naissance en 1903 et de son décès en 1963 – et Récit d’un propriétaire.